ARMÉNIE – L’interview du Premier ministre Pachinian à la télévision publique

Le 21 mars, le Premier ministre Nikol Pachinian a abordé plusieurs sujets importants lors d’une interview accordée à la télévision publique arménienne.

Il a expliqué qu’à la demande de Bakou, la question de la dissolution du groupe de Minsk de l’OSCE est un sujet à discuter, à la différence de certains autres sujets qui ne sont pas négociables. Selon lui, l’objectif est la paix, et lorsque l’on cherche la paix, certaines anciennes structures, comme le groupe de Minsk, perdent leur utilité.

En ce qui concerne la situation actuelle, Pachinian a souligné qu’il n’y a aucune base pour une escalade du conflit, car l’Arménie et l’Azerbaïdjan se reconnaissent mutuellement la souveraineté. Il a aussi mentionné la nécessité de parvenir rapidement à la signature de l’accord de paix, qui serait accepté par les deux pays.

Il a également parlé du projet d’adoption d’une nouvelle Constitution en 2027, soulignant que ce processus fait partie d’un cadre politique en place depuis 2018, mais qu’il existe des débats sur la date de ce changement.

À propos de la mission d’observation de l’Union européenne

Répondant à une question concernant la mission d’observation des délégués de l’Union européenne, le Premier ministre a déclaré : « Lorsque l’accord de paix sera signé, nous aurons une paix et une stabilité confirmées, et dans ces conditions, nous pourrons soit ne plus déranger nos respectés observateurs, soit les déranger un peu moins. »

« L’armée n’a aucun problème à résoudre en dehors du territoire de la République d’Arménie, y compris les territoires occupés représentant plus de 200 km² »

Abordant le processus de réforme de l’armée arménienne, Pachinian a déclaré : « Le processus de transformation de l’armée arménienne ne peut en aucun cas menacer la paix, car j’ai clairement dit que l’armée de la République d’Arménie n’a aucun problème à résoudre en dehors du territoire internationalement reconnu de l’Arménie, y compris aucun problème lié aux plus de 200 km² de territoires occupés de l’Arménie, car le processus de délimitation crée «de jure» toutes les possibilités pour que ce problème soit résolu dans son cadre. … Toutes les discussions, évaluations et affirmations concernant une possible escalade de la situation dans la région sont artificielles et imaginaires. »

«Lorsque nous n’avons pas fait de concessions, nous n’avons eu ni paix ni la possibilité d’avoir un état »

« Je dis cela clairement, je suis le Premier ministre de la République d’Arménie déjà depuis sept ans, et aujourd’hui je dis que, selon moi, et j’en suis sûr, la République d’Arménie est à l’heure actuelle un état beaucoup plus indépendant et souverain. Tout ce que nous appelons la période de non-concession, y compris la période de mon gouvernement, pendant toute cette période, nous avons concédé tout ce que nous avions de plus impor-
tant : notre souveraineté, notre indépendance et notre état.

À l’époque où nous n’avons pas fait des concessions, nous n’avons pas eu seulement la paix, mais aussi la possibilité d’avoir la paix. Nous n’avons pas eu l’état et la possibilité d’avoir un état. » a déclaré Pachinian.

En ce qui concerne le contenu de l’accord de paix, le Premier ministre a fait savoir qu’il n’est pas opportun de le publier pour l’instant, étant donné que les deux parties doivent convenir, mais qu’« immédiatement après sa signature, le contenu sera rendu public. »