La fondation de recherche Geghard a publié un article d’investigation démontrant que l’Azerbaïdjan n’a pas préservé son patrimoine historique et culturel, tout en accusant à tort la partie arménienne d’avoir détruit des monuments islamiques sur le territoire du Haut-Karabakh.
“Il convient de noter que les monuments appartenant à la culture islamique n’ont aucun lien avec la prétendue “culture azerbaïdjanaise”. Pire encore, de nombreux monuments historiques et sites culturels, y compris des sanctuaires et mosquées islamiques, sont aujourd’hui transformés en décharges ou étables en Azerbaïdjan. Les vestiges de l’ère mongole et de la culture des Chirvanchahs sont aujourd’hui menacés de disparition.”
Par exemple, la mosquée du Chah Sultan Hussein (période séfévide), située dans le village azerbaïdjanais de Novkhani, a été transformée en décharge. Ce traitement infligé à un patrimoine culturel iranien chiite a provoqué de vives réactions dans les médias iraniens. L’historien azerbaïdjanais Zaur Aliev a également alerté sur l’état désastreux de la mosquée : “Aucune plaque officielle n’indique son statut protégé, seulement une inscription artisanale locale. L’intérieur est devenu une décharge où l’on jette même des cadavres d’animaux.”
L’article mentionne un autre exemple : le hammam oriental des XVIIe-XVIIIe siècles à Machtagha (Bakou), entièrement converti en décharge. Connu sous le nom de Hammam des Sables, ce patrimoine culturel – comme la plupart des hammams de la péninsule d’Apchéron – se trouve dans un état de semi-ruine.
Le hammam historique ‘Haji Madjit’ (XVe-XVIe siècles, époque des Chirvanchahs) près de Soumgaït subit le même sort. Selon les habitants, cette transformation en décharge résulte de l’indifférence des autorités. Dernièrement rénové en 1985, ce monument est aujourd’hui au bord de la disparition.
À Aghsu, un autre site antique a été transformé en décharge par des Azerbaïdjanais. L’archéologue Fariz Khalili déplore que des travaux routiers aient détruit une partie du site après des fouilles, tandis que la population locale en a fait un dépotoir, révélateur du mépris pour le patrimoine.
Outre la destruction du patrimoine, l’Azerbaïdjan vandalise également des lieux saints. En 2016, deux sanctuaires ont été incendiés à Yalama, à la frontière russe. Les sites de Khanopa et Molla Ahmad ont subi le même sort.
La publication souligne que le vandalisme culturel reste une politique d’État en Azerbaïdjan, ciblant notamment des monuments sans lien avec l’identité azerbaïdjanaise.
“Bakou applique cette politique au Karabakh occupé, en effaçant les traces arméniennes et détruisant les églises, mais aussi sur son propre territoire. La preuve en est l’ancienne église semi-détruite de Zakatala, pourtant officiellement protégée mais vandalisée.”
Ainsi, l’Azerbaïdjan mène une guerre contre la civilisation, détruisant les valeurs culturelles de diverses époques et peuples. Des Azerbaïdjanais eux-mêmes le reconnaissent sur les réseaux sociaux : “Ne blâmons pas les Arméniens – c’est nous qui détruisons nos monuments historiques”, conclut l’article de la fondation Geghard.
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