Des « putschistes » arméniens remportent leur procès devant la Cour européenne

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que les enquêteurs arméniens avaient violé les droits du dirigeant et de deux membres d’un groupe militant clandestin qui aurait comploté pour renverser l’ancien président Serge Sarkissian.

Le chef de file du groupe, Arthur Vartanian, et une douzaine d’autres personnes ont été arrêtés en novembre 2015 lors d’un raid à Erevan mené conjointement par la police arménienne et le Service de sécurité nationale (NSS). Les forces de l’ordre y ont trouvé de grandes quantités d’armes et d’explosifs. Ils ont procédé à plus de 20 autres arrestations dans les semaines suivantes.

Le NSS a déclaré par la suite que Vartanian avait créé un groupe appelé le « Régiment du Bouclier arménien » avant d’élaborer avec ses associés des plans détaillés pour la saisie des bâtiments de l’administration présidentielle, du gouvernement, du parlement et de la télévision d’État à Erevan. Il a ajouté qu’ils avaient également exploré la possibilité d’abattre l’avion du président Sarkissian.

Vartanian a admis avoir acheté des armes et des munitions pour le groupe militant lorsque lui et 19 autres personnes ont été jugés en décembre 2016. Il a toutefois insisté sur le fait qu’il n’avait jamais eu l’intention de prendre le pouvoir ou d’assassiner Sarkissian.

La plupart des autres accusés, dont un prêtre catholique arménien, ont également rejeté les accusations de coup d’État portées contre eux.

Le juge présidant le procès en cours a accepté de libérer Vartanian sous caution en septembre 2019. Tous les autres suspects arrêtés ont été libérés plus tôt dans l’attente d’un verdict du tribunal dans cette affaire. Deux d’entre eux s’étaient joints à Vartanian pour contester leur arrestation provisoire devant la CEDH.

Le tribunal de Strasbourg a jugé cette semaine que la période de détention était trop longue et injustifiée et violait un article pertinent de la Convention européenne des droits de l’homme. Il a déclaré que Vartanian et un autre plaignant, Haroutioun Saribekian, devaient chacun recevoir 6 000 euros de dommages et intérêts.

Vartanian aurait vécu en Espagne avant de retourner en Arménie en avril 2015 et de créer le « Régiment du bouclier arménien ».

Selon le NSS, les principaux membres du groupe ont suivi un entraînement militaire secret dans le village de Vartanian en août-septembre 2015. Les enquêteurs ont publié fin 2016 une photographie, prétendument prise dans une maison de village, de dix personnes masquées et armées se tenant sous la bannière du groupe.

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