16/11/2019

Concert en hommage à l'immortel père Komitas


Organisé par Hamaskaïne Paris, un concert de chants profanes et sacrés a eu lieu à la Salle Rossini de la Mairie du 9e arrondissement de Paris le vendredi 8 novembre, à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance du père Komitas.

Dans son mot de bienvenue, Ara Krikorian a retracé le parcours du jeune Soghomon Soghomonian qui allait devenir l'unique prêtre de son temps à oeuvrer pour la sauvegarde des chants populaires de l'Anatolie et d'Arménie. Admiré par des musicologues et compositeurs de renom tels que Claude Debussy, le père Komitas a progressivement fait son entrée sur la scène artistique européenne pour y faire connaître la musique arménienne.

Douze chants profanes étaient au programme de la première partie du concert, tels que « Lorig », « Tchinar es », « Groung », « Karoun a », « Hoy nazan », interprétés par les barytons Arno Khatcherian et Mkrtitch Mkrtchian, et le ténor Jérôme Verrecchia, accompagnés au piano par Gayané Nersissian.

La deuxième partie du concert était plus originale. Installés en demi-cercle, douze jeunes chanteurs masculins ont interprétés en polyphonie un florilège de douze compositions religieuses et profanes. Cette formation baptisée chorale « Sainte Croix de Varak » et dirigée par Mkrtitch Mkrtchian, est en réalité composée d'une fratrie. En effet, huit de ses membres sont issus de la célèbre famille Rasho. Comme « La grue » du père Komitas, la famille Rasho a migré de sa terre ancestrale et a fait son nid à Quamichli, au nord-est de la Syrie. Faisant face aux vents et marées, la grue nostalgique a repris le chemin de l'exode pour reconstruire son nid en France.

« Afin de faire perdurer les traditions familiales et surtout chrétiennes, le chemin de l'Eglise était notre itinéraire quotidien », confie Yeznig, l'un des choristes. « Quand j'étais enfant, je m'y rendais tous les jours avec mon père et mes frères pour louer le Seigneur et me sentir plus fort. La foi est mon bouclier pour faire face aux tentations de la vie. Quand j'ai retrouvé ma confiance à l'âge adulte, j'ai commencé à encourager les gens autour de moi et à les inviter à m'accompagner, car le chemin de la croix est le vrai remède à nos soucis ».

Grâce à la volonté et l'impulsion de cette famille atypique, la chorale « Sainte Croix de Varak » voit le jour. « Au départ, nous nous réunissions à l'église Saint Varak d'Arnouville pour répéter des chants liturgiques », raconte Mkrtitch Mkrtchian. « Un jour, on m'a proposé de former une chorale. L'idée m'a parue audacieuse mais réaliste, car je connaissais les capacités de mes choristes et je leur faisais entièrement confiance. »

« Mon coeur tressaille », chant liturgique célèbre, a été interprété par la soprano Rosine Tachdjian. Sa voix douce émergeant des voix graves a transporté le public dans l'épisode où Jésus lave les pieds de ses disciples, conscient de la trahison de Judas et de son sacrifice à venir sur la croix. Cette harmonie vocale a été grandement appréciée par les auditeurs, qui ont prodigué un long applaudissement à la soliste.

La chorale « Sainte Croix de Varak » s'est fait connaître dans le milieu artistique grâce au concert au profit des Chrétiens de Syrie qu'elle a donné début 2019, en partenariat avec SOS Chrétiens d'Orient.

Comme toujours, Hamaskaïne Paris a proposé une manifestation culturelle de qualité. Ce soir, les auditeurs enchantés ont passé une soirée inoubliable où la musique et la poésie arméniennes étaient à l'honneur grâce à l'immortel père Komitas, pour qui « l'âme du peuple arménien se nourrit de musique, car cette dernière est le miroir le plus immaculé de son peuple ».

C. M.

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Dernière mise à jour : 16/11/2019 10:48 
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