07/11/2019

La nécessité du renforcement de la sécurité nationale


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Vingt ans après les événements du 27 octobre, le chef du commando, Nairi Hounanian, s'est saisi de l'occasion offerte par la loi et a déposé une demande de remise en liberté. Arman Babajanian, un ancien membre du Parti « Arménie lumineuse », lui a rendu visite en prison pour parler de l'attentat et de ses motivations.

Aux yeux du public, l'opération sanglante du commando mené par Hounanian qui a éliminé les dirigeants des branches exécutive et législative d'Arménie a permis à Robert Kotcharian de consolider son pouvoir présidentiel. Serge Sarkissian, alors chef du Service de la sécurité nationale, n'a pas été inquiété dans cette affaire. Et le procès qui a duré des années n'a pas permis de révéler les principaux commanditaires du meurtre du Premier ministre, du président du Parlement et des six autres parlementaires.

La visite du député Arman Babajanian à Hounanian a été une démarche efficiente et directe de faire face à l'un des événements les plus douloureux et tragiques de l'histoire récente de l'Arménie. Elle a permis de réouvrir des blessures cachées et a remis à l'ordre du jour la responsabilité de Robert Kotcharian, avant même que le procès pour son implication dans les événements du 1er mars 2008 ne commence.

Sur ce sujet, deux positions politiques claires s'affrontent. Le premier groupe comprend les partisans du gouvernement révolutionnaire, pour qui la réouverture inévitable et urgente de ce dossier découle de l'intérêt immédiat afin de construire un État juste et démocratique et d'instaurer la justice dans le pays. Le deuxième groupe, qui défend les forces politiques de l'ancien régime, condamne l'examen des événements du passé, alors que l'Arménie est confrontée à la menace d'hostilités et au défi d'améliorer sa situation économique.

Compte tenu des développements géopolitiques de la région, en particulier des opérations militaires dans le nord de la Syrie, on ne peut nier le renforcement de l'influence de la Russie et de la Turquie, ce contre quoi l'Arménie doit adopter un système de défense adéquat. Fait révélateur, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a annoncé lors de sa visite en Arménie la semaine dernière que la Russie allait doubler le nombre de ses troupes stationnées à Gumri. Plus la Russie renforce sa présence en Arménie et plus la question du renforcement de la souveraineté et du système d'autodéfense de l'Arménie se pose. L'histoire ne se répète pas, mais il est inévitable de faire des parallèles entre l'alliance russo-turque des années 1920 et la situation politico-militaire actuelle.

Par conséquent, il devient indispensable de faire toute la lumière sur les assassinats du 27 octobre pour une prise de conscience du renforcement du Service de la sécurité nationale d'Arménie, afin d'éviter que ne se reproduisent des événements qui déstabilisent le pouvoir de l'Etat et en général, pour renforcer le système de défense du pays de manière profonde.

Jiraïr Tcholakian

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Dernière mise à jour : 07/11/2019 09:01 
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