Paris, lundi 17 mars – L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont annoncé, jeudi 13 mars, avoir convenu du texte d’un accord de paix. Le texte intégral de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’a pas été rendu public. Néanmoins, d’après les declarations officielles des deux Etats, l’accord comprendrait notamment les points suivants : renonciation aux revendications territoriales, établissement de relations diplomatiques et réouverture de frontières, dissolution du Groupe de Minsk, retrait des forces tierces, engagement légal de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan à abandonner les poursuites judiciaires internationales … Le Cercle d’Amitié France-Artsakh prend acte de la conclusion d’un traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et exprime ses plus vives inquiétudes face aux concessions unilatérales accordées par Erevan à Bakou.
Présenté comme une avancée vers la stabilité, cet accord ressemble davantage à un diktat imposé à une Arménie affaiblie et isolée. Après des
années d’agressions militaires et diplomatiques, après le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan obtient aujourd’hui la reconnaissance de ses gains territoriaux sans offrir la moindre contrepartie. Le silence absolu sur les droits des Arméniens du Haut-Karabakh entérine leur abandon et ouvre la voie à une dangereuse normalisation du nettoyage ethnique orchestré par Bakou. Ce mutisme consacre non seulement la dépossession des déplacés de force arméniens, mais aussi la destruction systématique de leur patrimoine, sous le regard passif de la communauté internationale.
Pire encore, l’abandon des recours internationaux par l’Arménie contre l’Azerbaïdjan risque d’effacer toute perspective de justice pour les crimes de guerre, le déplacement forcé et la détention arbitraire de prisonniers arméniens. Le possible retrait arménien de la plainte devant la Cour Internationale de Justice signifierait que le droit cède face à la force. Il n’est pas non plus fait mention de la libération des prisonniers politiques arméniens à Bakou dans cet accord, ce qui n’est pas tolérable.
Le Cercle d’Amitié France-Artsakh craint que cet accord ne serve à blanchir les crimes de l’Azerbaïdjan. Si l’Arménie renonce à exiger la justice, d’autres États doivent prendre le relais et défendre les droits des 150 000 Arméniens chassés de leur terre. Abandonner l’Artsakh, c’est renforcer le régime autoritaire de Bakou. Par ailleurs, un éventuel retrait des observateurs européens aux frontières arméniennes donnerait à Bakou toute latitude pour de nouvelles provocations militaires.
« Ce traité, présenté comme un tournant historique, repose sur des bases fragiles et des concessions unilatérales. L’Arménie signe sous contrainte, face à un régime azerbaïdjanais qui piétine le droit international. L’histoire nous enseigne qu’une paix imposée n’est jamais durable. Nous refusons que l’Artsakh soit effacé de la mémoire collective. Le Cercle d’Amitié France-Artsakh œuvrera sans relâche pour obtenir des garanties pour les droits des réfugiés arméniens ainsi qu’une justice pour les crimes commis » déclare François Pupponi, Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh. ■
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