AZERBAÏDJAN – Ruben Vardanian refuse désormais de participer à un procès qu’il qualifie de farce et entame une grève de la faim

Le 19 février, lors d’une conversation téléphonique avec sa famille, Ruben Vardanian a transmis la déclaration suivante à la communauté internationale pour protester contre ce qu’il considère comme un faux procès :

“J’ai décidé de protester par une grève de la faim contre le faux procès dont je fais l’objet. C’est ma réponse aux violations flagrantes du droit international et des normes procédurales azerbaïdjanaises. Ce qui se passe dans la salle d’audience ne peut être considéré comme un procès. C’est un spectacle politique où mon droit à un procès équitable est délibérément bafoué.

Au cours du dernier mois, mon avocat Abraham Berman et moi avons essayé de faire comprendre au tribunal qu’il était crucial pour moi que le ‘procès’ soit objectif plutôt qu’une imitation. Malheureusement, il était clair depuis le début que cette affaire est dirigée contre moi uniquement parce que j’ai exercé mon droit à la liberté d’expression et à la participation politique selon les normes internationales, dans le but de défendre les droits de la population arménienne chrétienne de l’Artsakh. Bien que l’Azerbaïdjan soit membre des conventions européennes des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, cette procédure est menée en violation flagrante de toutes les normes juridiques applicables :

  • Mon affaire est examinée illégalement par un tribunal militaire et non civil.
  • Je n’ai pas eu un accès complet à l’acte d’accusation et aux prétendues ‘preuves’ contre moi : on ne m’a accordé que 21 jours ouvrables pour examiner 422 volumes de documents en azerbaïdjanais.
  • L’acte d’accusation qui m’a été présenté n’est pas un document officiel car il n’est pas signé par les procureurs. La traduction de ce ‘document’ contient des erreurs qui rendent impossible la compréhension des accusations portées contre moi.
  • Je suis privé du droit à la défense : mon avocat Abraham Berman a un accès limité aux documents, des documents sont saisis, et il subit des pressions psychologiques. De plus, mon équipe juridique internationale n’est pas autorisée à me contacter ou à me rencontrer ni à accéder aux documents de l’affaire.
  • Je ne suis pas autorisé à convoquer des témoins de la défense ni à contester les violations commises pendant l’enquête préliminaire et le procès.
  • Toutes les audiences se déroulent à huis clos et sont fermées au public. L’accès au tribunal est entravé pour les journalistes internationaux et les représentants internationaux.

Ce ‘procès’ ne me vise pas uniquement. C’est une tentative de condamner tous les Arméniens qui ont aidé et soutenu l’Artsakh et sa population. C’est une attaque contre tout un peuple. Je refuse de participer à cette mascarade. Je m’adresse aux dirigeants du monde, aux organisations internationales, aux défenseurs des droits de l’homme, aux représentants des médias en disant :

Ce processus requiert votre attention car c’est une tentative de justifier l’illégalité et l’injustice par une fausse justice. Laisser de telles violations sans réponse ouvrira la voie à de futures tragédies en provoquant une nouvelle vague d’hostilité et de haine. Ce n’est que par la vérité, la loi et l’humanité que la justice et la paix peuvent être assurées dans la région.”