C’est par une triste journée pluvieuse que s’est déroulée le 108e anniversaire de la commémoration du génocide à Chaville. Après la messe célébrée en notre église par le Père Gourgen Aghababyan en présence du maire Jean-Jacques Guillet et d’élus municipaux, le cortège s’est rendu au Monument arménien où a eu lieu la cérémonie officielle.
Après les dépôts de gerbes (Association cultuelle de l’église arménienne de Chaville, maires de Chaville et de Viroflay, Anacra, Croix Bleue et présidents du Conseil départementale des Hauts de Seine et de la Région Ile de France), la chorale de l’église, dirigée par Astrig Dedeyan, a interprété trois chants de circonstance.
Après les hymnes nationaux et la minute de silence, ont successivement pris la parole :
- Hraïr Heratchian qui, au nom de l’Association cultuelle de Chaville, a parlé du nouveau processus génocidaire en marche en Artsakh. Il a dénoncé la frilosité des puissances de ce monde qui se satisfont de belles paroles, mettant souvent l’agresseur et l’agressé sur le même plan, mais sans action réelle pour sauver ces 120.000 Arméniens de l’Artsakh sous blocus depuis plus de quatre mois et au bord d’un drame humanitaire.
- Antoine Bagdikian, président de l’Anacra (Anciens combattants arméniens) a tout d’abord dénoncé la politique d’Erdogan, le nouveau sultan qui veut reconstituer l’Empire ottoman. Il a ensuite insisté sur l’urgence d’une intervention des puissances et en particulier de la France, afin qu’elles interviennent au plus vite pour contraindre l’Azerbaïdjan à desserrer l’étau qui asphyxie toute une population qui veut continuer à vivre sur ses terres ancestrales. Si rien ne se fait, nous devenons alors complices du désastre à venir, a-t-il conclu.
- Jean-Jacques Guillet, le maire de Chaville, a d’abord annoncé qu’il avait fait hisser le tricolore arménien dans les jardins de la mairie. Il a ensuite brossé un vaste tableau des évènements historiques et a reconnu que nous vivons, aujourd’hui, un moment clé de l’histoire trois fois millénaire de l’Arménie. Il a fermement condamné la politique d’éradication de l’entité arménienne de ses terres historiques menée par le tandem turco-azéri (destruction des églises, turquification des noms de lieux, des patronymes, glorification de la haine…). Il a conclu son propos en disant qu’il fallait continuer à se battre.
M. le maire a enfin rappelé que 2023 était le centenaire de l’arrivée du premier réfugié arménien à Chaville et que cet anniversaire allait être officiellement célébré à l’automne prochain.
La cérémonie s’est achevée sous une pluie battante. Les présents se sont ensuite retrouvés dans la salle de l’église autour du verre de l’amitié.
H.H.
Crédit photo : Hrant Norsen