Devant une audience curieuse et nombreuse, l’historien et arménologue Maxime K. Yevadian, Pilosophiæ docteur de l’Université Halle Wittenberg (Allemagne) et chercheur associé au laboratoire CNRS d’HiSoMa, UMR (Lyon), a présenté son dernier ouvrage dédié aux origines de l’Arménie, fruit de plusieurs années de travail de recherche.
Avec une belle couverture, représentant un détail du tableau « Ararat et Garmir Plour » de l’artiste-peintre ASILVA, ce remarquable ouvrage examine le lien complexe entre les Arméniens et la population qui habitait auparavant le même espace, les Ourartéens.
Maxime Yevadian avec Asilva
Lors de la soirée de présentation – dédicace du 9 février au centre culturel UCFAF-JAF à Paris, Maxime Yevadian a exposé le résumé des quatre parties de son livre qui s’intitulent :
a) Les sources littéraires. Une analyse convergente ;
b) Des éléments de renouvellement de notre vision ;
c) Vaxatae quaestiones ;
d) Nouvelles hypothèses, nouveaux horizons.
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C’est alors que Maxime Yevadian nous a plongé, à l’aide d’une projection, dans les profondeurs de l’Antiquité pour nous faire découvrir des stèles cunéiformes de l’époque des Assyriens, survoler la période de domination achéménide, décrypter la première carte babylonienne du monde, percer le mystère du papyrus de la version araméenne de l’inscription de Bihistun, présenter le schéma de la campagne achéménide de 522-521 av. J.-C. en Arménie, analyser les sublimes motifs du tapis de Pazyryk (le plus ancien tapis à nœuds qui nous soit parvenu et qui est resté plus de deux millénaires dans les glaces d’un tumulus), etc.
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Un des points les plus passionnants de cette soirée a été la présentation des résultats de ses recherches généalogiques. En effet, l’étude de l’ADN des populations actuelles permet « d’obtenir des résultats remontant non pas à des dizaines, ni à des centaines, ni même à des milliers, mais à des dizaines de milliers d’années ». Cette « introduction » impressionnante servait à montrer la grande diversité du génome arménien, reflété par deux schémas :
a) le schéma des treize principaux haplogroupes de la population arménienne actuelle,
b) le schéma détaillé des cinquante haplogroupes avec leurs sous-groupes.
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La suite de la présentation de Maxime Yevadian n’était pas moine dense et passionnante car elle examinait un problème immense et persistant : la question linguistique.
À ce stade, l’historien écrit : « La convergence, pour le moins partielle et malgré tout assez large, des différents arguments semble orienter de
plus en plus vers un lien organique entre Ourartéens et Arméniens. Il reste toutefois un problème immense à examiner : celui de la langue. Comment admettre la proximité historique, sociale, génétique de ces deux civi-
lisations, voire leur complète identité, si l’ourartéen et l’arménien sont deux langues totalement différentes, comme cela est le cas en l’état actuel de la connaissance linguistique ? Pour tenter de trouver une réponse satisfaisante à cette question, nous sommes obligés de faire à nouveau un saut dans le temps de plusieurs millénaires afin de réfléchir à la question linguistique, et, spécialement, à l’origine et au foyer des locuteurs de l’indo-européen ».
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Le dernier épisode de la présentation de Maxime Yevadian était consacré à l’étude de l’origine du peuple arménien. « Nous allons à présent tenter de proposer une hypothèse, ou plutôt trois, sur le déroulé des faits. En effet, nous sommes en présence de deux peuples : les Ourartéens et les Arméniens. En toute logique, nous avons trois hypothèses possibles : soit les deux peuples sont totalement distincts, soit ces deux peuples sont totalement identiques, soit, enfin, ils ne sont ni totalement distincts, ni totalement identiques, mais dans une situation intermédiaire à définir ».
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L’ouvrage colossal « Aux origines de l’Arménie. Enquête sur la naissance d’un peuple » de Maxime Yevadian réunit un grand nombre de sources bibliographiques, cartes et photographies, et une annexe composée de trois parties :
a) corpus des inscriptions achéménides et des sources littéraires grecques, latine et bibliques;
b) l’apport historique du corpus astronomique babylonien ;
c) table chronologique du royaume d’Ourartou et des premières années de l’Arménie.
Un livre absolument à lire et à relire (disponible à la librairie de « Nor Haratch »).
GAYDZAG
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« Aux origines de l’Arménie. Enquête sur la naissance d’un peuple »
Maxime K. Yevadian
Prix : 25 € (hors frais d’expédition).
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