Crédit photo : Berge Arabian
Le 19 janvier, des milliers de citoyens se sont rassemblés devant l’immeuble Sebat où se trouvait le siège du journal Agos et où le journaliste Hrant Dink a été assassiné il y a 18 ans.
Pendant la cérémonie, Tülin Özen a lu la lettre de Çiğdem Mater – emprisonnée depuis avril 2022 dans le cadre du procès de Gezi – depuis la prison de Bakırköy. Dans sa lettre, Çiğdem Mater écrivait : “Aujourd’hui, je suis certaine qu’il y a devant l’immeuble Sebat des personnes qui n’étaient pas encore nées quand Hrant a été assassiné. Les générations changent, mais la réponse à la question ‘où sommes-nous ?’ tire sa force de notre présence obstinée ici. Nous sommes toujours là, obstinément.”
Eraslan Sağlam a lu le message d’Osman Kavala, emprisonné illégalement depuis novembre 2017. Kavala déclare : “Malgré les assassinats, les massacres et toutes les formes de violence, je continue d’espérer que nous verrons le jour où la paix et la justice triompheront. Je réclame justice pour Hrant et pour tous nos citoyens.”
Takuhi Tovmasyan lors de la lecture de son texte, aux côtés de Rakel Dink, veuve de Hrant Dink
L’oratrice principale de cette année était Takuhi Tovmasyan, une figure éminente de la littérature et de la culture arméniennes. Elle a notamment souligné : “Quel était son ‘crime’ ? Son amour évident pour les gens, sa passion pour la démocratie et les droits humains, sa foi inébranlable en la liberté d’expression, et par-dessus tout, en tant que défenseur de la paix entre les deux peuples, son appel à l’ouverture de la frontière [fermée] entre la Turquie et l’Arménie… Et plus que tout cela, il possédait un don divin – la capacité de convaincre les autres, ce qui effrayait profondément certains.”
Les participants ont brandi des banderoles en arménien, turc et kurde portant les inscriptions “Mémoire”, “Vie”, “Vérité”, “Justice”, et ont scandé “Nous sommes là, Ahparig” (frère), tandis que des extraits des discours de Hrant Dink étaient diffusés par haut-parleur.
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