La décision unilatérale des États-Unis de négocier directement avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine, sans la participation des Ukrainiens et des Européens, a provoqué un séisme au sein du club des États occidentaux. Pour les Européens, «le ciel leur est tombé sur la tête». L’image des États-Unis en tant qu’allié stratégique inébranlable et fiable s’est effondrée. Les États-Unis se sont proclamés concurrents dans les domaines économique, idéologique, stratégique et géopolitique.
L’idéologie de l’isolationnisme et du révisionnisme a été mise en œuvre immédiatement, sans avertissement, ni période d’essai transitoire. L’OTAN, la plus importante alliance militaire formée sous la domination des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, n’est plus une structure destinée à protéger les Européens et les pays occidentaux. Les États-Unis protégeront avant tout leur intérêt national. Les Européens doivent penser à se protéger eux-mêmes. Les États-Unis ont pour objectif suprême de réduire leur dette extérieure. Seul le temps dira dans quelle mesure ces mesures chirurgicales serviront leur objectif de résoudre les problèmes économiques, commerciaux et concurrentiels des États-Unis et de maintenir ce dernier comme puissance mondiale suprême.
Trump est beaucoup plus déroutant dans son second mandat que dans le premier. Déjà, lors du premier mandat, il était imprévisible. Cependant, il y avait encore dans son administration des dirigeants qui rééquilibraient ses décisions stupéfiantes. Mais Trump «deux» est dix fois plus imprévisible, et ce, dès le premier jour.
La rupture des relations traditionnelles d’alliance entre les États-Unis et leurs partenaires européens ont également fait remonter à la surface les contradictions qui existaient depuis des années dans les relations entre les États membres de l’Union européenne. Lors de la dernière réunion au sommet organisée à Paris, au lendemain de la Conférence de Munich, par le Président Macron, qui n’avait invité qu’une dizaine de dirigeants politiques européens, ceux de la Hongrie et de la Slovaquie avaient été écartés…
Le message du vice-président américain, à la Conférence de Munich sur la sécurité a signé l’arrêt de mort de la cohésion et de la solidarité du camp occidentale, il a été un appel puissant et une expression de soutien aux forces d’extrême-droite pour former un nouvel ordre gouvernemental selon les vues politiques de Trump, c’est-à-dire un ordre susceptible d’encourager l’arrivée au pouvoir des partis d’extrême droite, une mainmise américaine, pour rendre l’Europe entièrement subordonnée aux États-Unis, afin de lui donner un avantage concurrentiel dans les relations internationales et de le conforter en tant que première puissance mondiale : «Make America great again».
Après la chute de l’Union soviétique, les violations du droit international et des droits de l’homme, régissant la vie collective, se sont progressivement accélérées. La démocratie a été utilisée dans les relations internationales comme une arme idéologique pour renverser les régimes adverses – Irak, Syrie, Libye… Ou pour défendre les politiques autoritaires ou racistes d’États riches ou influents non-démocratiques – Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Turquie, Israël…
Les États-Unis ont montré qu’ils peuvent aussi abandonner leurs alliés, comme l’a fait la Russie envers l’Arménie pendant la guerre de 2020. Les grandes structures étatiques sont en train de se désintégrer – ONU, OTAN, OTSC, Union européenne, sont en panne… Et remplacées par des relations bilatérales et multipolaires basées sur les intérêts économiques et stratégiques. Un phénomène qui incite à plus de mobilité et de créativité pour pouvoir faire face au processus d’avancés économiques et technologiques du monde moderne..
J. Tch. ■
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