L’impasse Russie-Occident complique la médiation internationale sur l’Artsakh

L’aggravation des tensions dans les relations entre la Russie et l’Occident à propos de la guerre en Ukraine complique le travail des médiateurs internationaux sur la question de l’Artsakh, a reconnu mercredi le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan.

Au cours d’une séance de questions-réponses des membres du gouvernement au parlement, Mirzoyan a toutefois souligné que la communauté internationale continue d’envisager un règlement de la question dans le cadre des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE impliquant la Russie, les États-Unis et la France.

« Les hostilités en cours en Ukraine ont fortement compliqué le travail des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE jusqu’au niveau des discussions conjointes, mais sur la base de certains signaux et messages très spécifiques que j’ai reçus des pays coprésidents et de nombreux d’autres pays, je tiens à réaffirmer que la communauté internationale continue de voir le règlement du conflit de l’Artsakh dans le cadre de la coprésidence du Groupe de Minsk », a déclaré le haut diplomate arménien.

Le ministre arménien des Affaires étrangères a réaffirmé qu’Erevan ne voyait rien d’inacceptable dans la proposition en cinq points de l’Azerbaïdjan d’entamer des négociations autour d’un traité de paix avec l’Arménie. Il a répété qu’en même temps, l’Arménie estime qu’elle « n’aborde pas pleinement l’éventuel programme de paix globale entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ».

Bakou insiste sur le fait qu’un futur traité de paix avec Erevan devrait reposer sur cinq principes fondamentaux, dont la reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la réaffirmation mutuelle de l’absence de revendications territoriales mutuelles et l’obligation juridiquement contraignante de ne pas formuler de telles revendications en l’avenir, en s’abstenant de menacer mutuellement la sécurité, la délimitation et la démarcation de la frontière avec l’établissement de relations diplomatiques et le déblocage des liaisons de transport.

Dans un récent entretien, Mirzoyan a déclaré qu’il était vital pour la partie arménienne que « les droits et les libertés des Arméniens du Haut-Karabakh soient clairement garantis et que le statut du Haut-Karabakh soit enfin clarifié ». « Pour nous, le conflit du Haut-Karabakh n’est pas une question territoriale, mais une question de droits », a-t-il déclaré.

« L’un des points clés de nos propositions est que la question des droits et du statut des Arméniens du Haut-Karabakh reste pour nous une question de principe. Il est impossible d’appeler cela un ordre du jour complet tant que cette question n’y est pas discutée », a expliqué Mirozyan au Parlement aujourd’hui.

Le 14 mars, le ministère arménien des Affaires étrangères a déclaré qu’il avait demandé aux coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE d’organiser des négociations arméno-azerbaïdjanaises sur un traité de paix « sur la base de la Charte des Nations Unies, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et de l’Acte final d’Helsinki ».

Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que l’Arménie avait été informée par les coprésidents que ses propositions avaient été transmises à l’Azerbaïdjan. Il a cependant déclaré que Bakou n’avait pas encore répondu aux propositions d’Erevan.