Pachinian se dit prêt pour un accord de paix avec l’Azerbaïdjan

L’Arménie est prête à négocier un accord de paix global avec l’Azerbaïdjan sur la base de la reconnaissance mutuelle de l’intégrité territoriale de l’autre, a insisté jeudi le Premier ministre Nikol Pachinian.

Pachinian a dans le même temps accusé Bakou de chercher à reconquérir pleinement l’Artsakh et à chasser sa population arménienne de souche.

« J’exprime une fois de plus la volonté de l’Arménie de signer un traité de paix avec l’Azerbaïdjan. L’Arménie est prête pour un démarrage immédiat des négociations de paix », a-t-il déclaré dans un long discours prononcé au début d’un conseil des ministres.

Pachinian a indiqué que la question figurera en bonne place à l’ordre du jour de ses entretiens avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev qui seront accueillis par le président du Conseil européen Charles Michel à Bruxelles le 6 avril.

« J’espère discuter et convenir lors de cette réunion avec le président azerbaïdjanais de toutes les questions liées au début des pourparlers de paix », a-t-il déclaré.

Erevan a officiellement proposé de telles négociations lundi. Bakou a répondu en disant que l’accord de paix arméno-azerbaïdjanais doit être basé sur cinq éléments qui ont été présentés par lui à Erevan le 10 mars. Ceux-ci incluent, entre autres, un engagement mutuel à reconnaître l’intégrité territoriale de l’autre.

Pachinian a déclaré que la partie arménienne avait déjà informé Bakou qu’« il n’y a rien d’inacceptable pour nous dans les propositions de l’Azerbaïdjan ».

« Cette réponse signifie que le principe de la reconnaissance mutuelle de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières est acceptable pour l’Arménie », a-t-il souligné.

Des déclarations similaires faites par Pachinian et des membres de son équipe politique au début du mois ont suscité une ferme condamnation de la part des dirigeants de l’opposition arménienne. Ces derniers soutiennent que l’administration de Pachinian est prête à reconnaître la souveraineté azerbaïdjanaise sur l’Artsakh.

Pendant ce temps, Aliev a exprimé l’espoir que les prochains pourparlers à Bruxelles ouvriront la voie à la signature du traité arméno-azerbaïdjanais « le plus tôt possible ». Il aurait qualifié de « bonnes nouvelles » les réponses des dirigeants arméniens aux propositions azerbaïdjanaises sur l’accord de paix.

Lors de sa rencontre avec le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau à Bakou, Aliev a également réaffirmé que la victoire de l’Azerbaïdjan dans la guerre de 2020 avec l’Arménie avait mis fin au conflit du Karabakh.

Pachinian s’est plaint jeudi que malgré sa position conciliante, l’Azerbaïdjan exacerbe les tensions en Artsakh et tente de « légitimer » un éventuel assaut à grande échelle non seulement sur le territoire contesté mais aussi sur l’Arménie. Il a souligné l’incursion azerbaïdjanaise de la semaine dernière dans un village du Karabakh, affirmant que cela faisait partie des tentatives plus larges de Bakou de « terroriser » les Arméniens d’Artsakh et de les forcer à fuir le territoire.

« Le but apparent de ces actions est de poursuivre la politique de nettoyage ethnique des Arméniens d’Artsakh », a accusé le Premier ministre arménien.