Sur les traces de Jacques de Morgan

 

« L’Arménie a été l’un des grands berceaux de l’histoire de l’humanité » 

Jacques de Morgan

Jacques de Morgan (1857-1924) était un archéologue et historien français. Il a mené des fouilles dans la ville de Suse, capitale de la Perse achéménide, et a également rédigé des études sur l’Ourartou. Il est l’auteur de l’ouvrage « Histoire du peuple arménien des temps anciens jusqu’à nos jours ». Entre 1887 et 1889, il a effectué des fouilles à Alaverdi et Akhtala, découvrant des ornements en cuivre, des armes et des objets domestiques.

Du 11 décembre 2024 au 15 mars 2025, le Musée d’Histoire de l’Arménie présente une exposition consacrée à ce célèbre archéologue français.

Jacques de Morgan est arrivé pour la première fois en Arménie en 1886, en tant qu’architecte, missionné par des investisseurs français pour travailler dans les mines d’Akhtala. À son retour en France, il convainc le Ministère de l’Éducation Nationale de lui permettre de se rendre en Arménie pour des études archéologiques. Dans la région de Lori, il fouille 1003 tombes, qui datent chronologiquement du 15e siècle avant J.-C. jusqu’aux 2e-1er siècles avant J.-C.

De Morgan a classé ses fouilles en 4 parties :

a) objets en bronze et en fer,

b) cistes et caissons de pierre de taille moyenne,

c) constructions de type dolmen,

d) chambres funéraires recouvertes de dalles.

De ses fouilles, de Morgan conclut que l’utilisation du fer a commencé en Arménie.

Il est témoin des massacres hamidiens et prend la défense des Arméniens. À ce sujet, il publie à Paris les ouvrages « Essai sur les nationalités » et « Contre les barbares de l’Orient ». À la demande d’Archag Tchobanian, il fait imprimer à Paris le livre « Histoire du peuple arménien », dont l’objectif est de faire connaître aux Européens le peuple arménien et les atrocités commises à son égard par l’Empire ottoman.

Les principaux cimetières fouillés par Jacques de Morgan sont :

1- Le cimetière de Mouçi-Yeri 

Située à 3 km de la ville d’Alaverdi, ce cimetière s’étend sur 6 hectares. On y a trouvé des armes en fer et en bronze, des perles de verre, des ceintures en bronze, des bagues et des anneaux. De Morgan a divisé les poignards trouvés dans ce cimetière en deux catégories : ceux à poignées simples et ceux à poignées sculptées. Selon de Morgan, des poignards similaires ont également été utilisés en Assyrie au 8e siècle avant J.-C.

2- Le champ funéraire d’Akhtala 

Au cours des fouilles menées au nord d’Akhtala, Jacques de Morgan a découvert 118 tombes, où l’on a trouvé de nombreux récipients en argile, des bracelets, des perles, des épingles décoratives, des armes, des ceintures, etc. Des restes de nourriture ont également été découverts dans les récipients en argile des tombes d’Akhtala.

De nos jours, alors que nos États ennemis mettent en avant le discours selon lequel les Arméniens seraient des immigrants, les découvertes des fouilles effectuées grâce à de Morgan prouvent le contraire. Le peuple arménien est reconnaissant envers des personnalités comme de Morgan, qui ont consacré leur vie et leur travail au peuple arménien.

Vehan BARSOUMIAN