Des procès politiques sont en cours à Bakou (Azerbaïdjan) contre des représentants et citoyens de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh). Président du Cercle d’amitié France-Artsakh, François Pupponi et une trentaine de parlementaires et d’élus de toutes tendances appellent la communauté internationale à agir sans délai pour exiger la libération des prévenus. Ils ont publié la tribune suivante dans le journal « Ouest-France » :
« En février 1988, le peuple de la région autonome du Haut-Karabagh est descendu dans la rue, animé par un rêve de liberté. Ce qui a commencé comme une aspiration est rapidement devenu un objectif, qui, malgré d’immenses sacrifices, a abouti à la naissance de la République souveraine d’Artsakh. Trente-sept ans plus tard, en février 2025, des procès sont en cours à Bakou (Azerbaïdjan) contre des représentants et citoyens de la République d’Artsakh. Ces hommes, qui ont consacré leur vie au service de leur peuple sont aujourd’hui accusés de crimes imaginaires dans une parodie de justice.
Ruben Vardanian, ancien ministre d’État d’Artsakh, a déjà dénoncé à plusieurs reprises ces procès politiques orchestrés par le tribunal militaire de Bakou. Pour protester contre cette mascarade judiciaire, il a entamé une grève de la faim le 18 février 2025. Dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués, où la liberté d’expression est muselée et où l’indépendance de la justice est inexistante, son sort suscite de vives inquiétudes.
Ruben Vardanian, bien connu pour son engagement philanthropique n’est pas le seul concerné. Parmi les personnes injustement poursuivies figurent les anciens présidents d’Artsakh, Arkady Ghoukassian, Bako Sahakian et Araïk Haroutunian, l’actuel président du Parlement, Davit Ichkhanian, d’anciens hauts responsables comme Levon Mnatsakanian et Davit Babayan, ainsi que des militaires et de nombreux civils.
Ces prisonniers politiques sont accusés de crimes fictifs, privés d’une défense légitime et contraints d’affronter des jugements rédigés dans une langue qu’ils ne comprennent pas, sans bénéficier de services de traduction adéquats. Des rapports alarmants font état de pressions, de mauvais traitements et de violations des droits fondamentaux tout au long de la procédure judiciaire, révélant ainsi l’illégalité de ces procès.
Au nom du Cercle d’Amitié France-Artsakh, nous rappelons qu’en plus de trente ans de négociation sur le conflit du Haut-Karabagh, les autorités légitimement élues d’Artsakh ont toujours rejeté le recours à la force. Elles ont constamment œuvré en faveur d’un règlement pacifique, basé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et en conformité avec le droit international.
Nous sommes convaincus que l’intention pacifique des dirigeants d’Artsakh aujourd’hui emprisonnés et leur attachement indéfectible aux valeurs universelles peuvent être attestés par les anciens et actuels coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, mandaté pour la médiation du conflit. Depuis 1997, ces diplomates, représentant trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la France, la Russie et les États-Unis, se sont rendus au Haut-Karabagh, ont échangé directement avec ses dirigeants à Stepanakert et les ont reçus dans leurs capitales respectives.
Nous appelons les gouvernements nationaux et les institutions européennes à prendre des mesures urgentes et concrètes pour exiger la libération des prisonniers politiques arméniens détenus à Bakou, y compris les dirigeants d’Artsakh. Nous espérons que tous les parlementaires, personnalités publiques et responsables politiques qui ont, à un moment ou un autre, coopéré avec la République d’Artsakh se joignent à notre démarche. Le temps presse : notre inaction aujourd’hui pourrait sceller le sort de ces hommes et femmes qui ont consacré leur vie aux droits de l’homme, à la démocratie et à la justice.
Il serait naïf de croire qu’un procès équitable puisse avoir lieu en Azerbaïdjan. Malgré son adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Bakou bafoue ouvertement les principes fondamentaux de la justice. Dès leur ouverture le 17 janvier, ces procès truqués ont révélé l’absence totale de garanties procédurales, mettant en scène des accusations fabriquées de toutes pièces.
La grève de la faim de Ruben Vardanyan est un signal d’alarme : si la communauté internationale n’agit pas immédiatement, ces persécutions risquent de s’intensifier et de conduire à de nouvelles atrocités contre les minorités chrétiennes de la région ».
Les signataires : François PUPPONI, ancien député, Président du Cercle d’amitié France-Artsak (PS) ; Michel AMIEL, Maire des Pennes Mirabeau (Les Indépendants – République et Territoires) ; François-Xavier BELLAMY, Député européen (LR) ; François BONNEAU, Sénateur de la Charente (Union Centriste) ; Bertrand BOUYX, Député du Calvados (Horizons) ; Valérie BOYER, Sénatrice des Bouches-du-Rhône (LR) ; Jérôme BUISSON, député de l’Ain (RN) ; Pierrick COURBON, Député de la Loire (PS) ; Patrick CURTAUD, Vice-président du Conseil départemental de l’Isère (LR) ; Sébastien DELOGU, Député des Bouches-du-Rhône (LFI) ; Gilbert-Luc DEVINAZ, Sénateur du Rhône (PS) ; Pascal DOLL, Maire d’Arnouville ; Jacqueline EUSTACHE-BRINIO, Sénatrice du Val-d’Oise (LR) ; Rémi FERAUD, Sénateur de Paris (PS) ; Isabelle FLORENNES, Sénatrice des Hauts-de-Seine (Union centriste) ; Emmanuel GREGOIRE, Député de Paris (PS) ; Xavier IACOVELLI, Sénateur des Hauts-de-Seine (Renaissance) ; Patrick KANNER, Sénateur du Nord (PS) ; Thierry KOVACS, Maire de Vienne (LR) ; Richard MALLIE, Maire de Bouc-Bel-Air (LR) ; Emmanuel MANDON, Député de la Loire (Modem) ; Hervé MARSEILLE, Sénateur des Hauts-de-Seine (Union centriste) ; Alexandra MARTIN, Députée des Alpes-Maritimes (LR) ; Paul MOLAC, Député du Morbihan (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) ; Marie-Pierre MONIER, Sénatrice de la Drôme (PS) ; Pierre OUZOULIAS, Sénateur des Hauts-de-Seine (PCF) ; Gaël PERDRIAU, Maire de Saint-Etienne ; Aurélie PIRILLO, Conseillère de Paris (LR) ; Stéphane RAMBAUD, Député du Var (RN) ; Richard RAMOS, Député du Loiret (Modem) ; Stéphane RAVIER, Sénateur des Bouches-du-Rhône (Reconquête) ; Isabelle SANTIAGO, Députée du Val-de-Marne (PS) ; Philippe VIGIER, Député de l’Eure-et-Loire (Modem).
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