En amont du Synode en Autriche : inculpation et interdiction de quitter le pays pour 7 ecclésiastiques du Saint-Siège
Six évêques du Saint-Siège de Saint-Etchmiadzine (les évêques Makar, Hovnan, Nathan, Haïkazoun, Moushegh et Vahan) et un prêtre (Père Movses) sont impliqués en tant qu’accusés. Par décision du Comité d’enquête, une mesure conservatoire a été appliquée à leur encontre : l’interdiction de quitter le pays.
Les ecclésiastiques sont accusés d’avoir entravé l’exécution d’une décision de justice. Il s’agit de l’affaire concernant l’ancien primat du diocèse de Masyatsotn, l’évêque Gevorg Saroyan : le tribunal avait décidé de le rétablir dans ses fonctions, mais à l’issue d’une séance du Conseil Spirituel Suprême, et par disposition du Catholicos, il a été défroqué.
Les avocats soutiennent que l’objectif principal de cette démarche est de faire échouer le Synode des évêques devant se tenir en Autriche à la mi-février. En raison de cette interdiction, les membres du Conseil Spirituel Suprême ne pourront pas quitter l’Arménie pour participer au synode.
Réaction des ecclésiastiques
Les ecclésiastiques convoqués pour interrogatoire ont qualifié l’accusation d’« absurde » et d’« anti-ecclésiale ». L’évêque Makar a déclaré qu’ils ont fait vœu d’obéissance au Catholicos de Tous les Arméniens, et que ce vœu spirituel est supérieur aux décisions des tribunaux laïcs. Le Père Movses a noté que la convocation récente d’ecclésiastiques par les organes d’enquête est devenue « absurde » et constitue une pression claire contre l’Église.
Le Saint-Siège condamne « l’ingérence successive des autorités dans les affaires intérieures de l’Église »
« Le Saint-Siège condamne fermement l’ingérence successive des autorités dans les affaires intérieures de l’Église, par des violations flagrantes de la Constitution et des lois de la RA, par lesquelles une procédure pénale a été initiée et des poursuites engagées contre les membres ecclésiastiques du Conseil Spirituel Suprême sous l’accusation d’entrave à l’exécution d’une décision de justice », indique le communiqué publié par le Saint-Siège à ce sujet.
« Ce processus condamnable est une violation flagrante des droits fondamentaux de l’homme consacrés par les lois de notre État et les traités internationaux, dont le but est de perturber le fonctionnement normal de l’Église Apostolique Arménienne, en particulier les travaux du synode des évêques qui doit se tenir prochainement en Autriche. Le Saint-Siège appelle les autorités et le système judiciaire de la République d’Arménie à agir exclusivement dans le cadre de la Constitution et des lois de la RA, avec fidélité aux principes suprêmes de justice et de vérité, et à respecter le droit à l’autonomie de l’Église », précise le communiqué.
