Investir en Arménie : la diaspora invitée à miser sur les startups

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À l’invitation du G2iA, Samson Avetian, directeur et cofondateur de la société d’investissement Eqwefy, est venu présenter en France les opportunités offertes par les startups arméniennes. Une tournée passant par Paris, Lyon, Marseille et Nice.

À Paris, une trentaine de jeunes gens avertis s’étaient empressés de venir écouter Samson Avetian, entouré de Caroun Gul, l’unique membre du conseil d’administration d’Eqwefy basée en France, et de Philippe Poux, président de la startup rBlox. Au programme : comment investir dans la tech arménienne, un secteur en pleine effervescence, sans jouer à la loterie.

L’Arménie, un écosystème tech en plein essor 

Samson Avetian a d’abord dressé le portrait d’une Arménie devenue terre de startups. Plusieurs jeunes pousses fondées ou cofondées par des Arméniens, au pays comme dans la diaspora, valent aujourd’hui davantage que les banques ou les opérateurs télécoms du pays. ServiceTitan, désormais cotée au Nasdaq, en est l’exemple le plus connu ; SuperAnnotate, CodeSignal, PicsArt ou Gecko Robotics, dont plusieurs dépassent le milliard de dollars de valorisation, complètent le tableau. Beaucoup n’existaient pas il y a cinq ou sept ans.

Ce dynamisme attire les géants du secteur. Synopsys, le leader mondial du logiciel pour les semi-conducteurs, AMD, Microchip, Siemens, Nvidia ou Adobe ont installé des équipes en Arménie, pour certains depuis près de 20 ans, séduits par le vivier d’ingénieurs. Le pays s’affirme aussi dans l’intelligence artificielle : selon l’intervenant, le partenariat entre Nvidia et Firebird AI pour créer une « usine d’IA » de plusieurs centaines de milliers de puces placerait l’Arménie parmi les cinq premiers pays au monde en puissance de calcul dédiée à l’IA.

L’écosystème s’appuie enfin sur un réseau d’infrastructures et de formations, de l’Engineering City d’Erevan aux laboratoires Armath, en passant par l’Armenian Code Academy et des programmes d’accélération comme Plug and Play. Autre signe de maturité : environ 95 % des capitaux investis dans les startups arméniennes proviennent de grands fonds internationaux, comme Andreessen Horowitz, Sequoia, Index Ventures ou Antler. Ces entreprises sont souvent immatriculées dans le Delaware ou en France.

Le capital-risque, un pari qui se diversifie 

Pour Eqwefy, l’objectif est clair : convaincre les Arméniens de consacrer une petite part, quelques pour cent, de leur patrimoine placé (actions, obligations, immobilier) aux startups technologiques du pays. Encore faut-il comprendre les règles du jeu.

Le capital-risque, ou venture capital, finance depuis une soixantaine d’années l’innovation technologique. Il intervient sur les marchés privés, c’est-à-dire avant qu’une entreprise ne soit assez grande pour entrer en Bourse. Le rendement y est potentiellement élevé, mais le risque aussi : sur un portefeuille de vingt à trente startups, beaucoup échoueront, certaines rapporteront trois à cinq fois la mise, et seules une à trois réussites exceptionnelles pourront multiplier l’investissement par vingt ou trente, voire davantage.

D’où l’insistance de Samson Avetian sur la diversification, « le seul repas gratuit » de la finance, qui réduit le risque sans réduire le rendement espéré. Miser une somme sur une seule startup revient, selon lui, à acheter un billet de loterie. Il conseille plutôt de répartir, par exemple, 5 000 euros sur vingt à trente entreprises, sur deux ou trois ans.

Eqwefy : le capital-risque à partir de 25 euros