Vers une « opération spéciale » de Moscou en Arménie par le biais de L’OTSC ?
Mantourov et Poutine
Dans son billet quotidien du 26 août, Vahram Atanessian s’interroge à demi-mots sur l’éventualité d’une nouvelle « opération spéciale » de Moscou, cette fois en Arménie, par la biais de l’OTSC [Organisation du Traité de Sécurité Collective) ] ; l’alliance des pays alignés sur Moscou à laquelle l’Arménie n’appartient plus que formellement depuis qu’elle a « gelé » sa participation en 2024.
Il y a à peine deux jours, le Premier ministre Nikol Pachinian déclarait « Au cours des cinq prochaines années, nous n’avons aucun projet de retour au sein de l’OTSC. Je peux l’affirmer avec certitude : nous n’allons pas intensifier nos activités au sein de l’OTSC. Je sais que des discussions ont lieu au sein de l’OTSC et qu’il est possible que l’organisation exclue le pays. Je serais très satisfait si l’organisation décidait d’exclure l’Arménie de l’OTSC. Cela nous libérerait de l’alternative consistant à décider de partir ou non ». V. Atanessian établit un lien entre le commentaire de D. Peskov, le porte-parole de V. Poutine, au sujet de l’arrestation de R. Kotcharian et des mouvements de troupes en Biélorussie. Nous publions ci-dessous son billet du 26 août en espérant que son inquiétude demeurera au stade d’une simple analyse de spécialiste.
Moscou a qualifié la procédure pénale visant Kotcharian de « processus politique complexe »
Lors d’un point presse tenu le 26 août, Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, a déclaré« Je ne souhaite pas commenter la situation politique intérieure de l’Arménie pour le moment ; des processus très complexes y sont en cours ». Il a simplement exprimé l’espoir que « tout ce qui se déroule s’effectue dans le strict respect de la loi et que les droits de tous les acteurs du processus politique soient respectés ».
Lors d’un point presse ou d’une conférence de presse de ce niveau, non seulement il n’y a pas de questions fortuites, mais l’ensemble de « l’échange» s’inscrit dans le cadre de la politique officielle. M. Peskov était interrogé sur la visite du directeur de la CIA à Moscou, sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine ainsi que sur la position du président russe concernant les « événements politiques internes » en Arménie. On peut, et peut-être même doit-on comprendre que Moscou perçoit les « processus politiques internes » de l’Arménie dans un contexte géopolitique bien plus vaste que celui que présente, ou peut-être même que celui que perçoit, l’opposition institutionnelle arménienne. M. Peskov s’est exprimé ouvertement, sans doute pour la première fois au sujet du régime de Kiev, qui, selon lui, « se désagrège de l’intérieur et perd de sa résilience ».
S’exprimant à la tribune de l’Assemblée nationale, le Premier ministre Pachinian a révélé que l’objectif de l’opposition était le déploiement de « forces de maintien de la paix » de l’OTSC en Arménie. Il convient de noter que, le 25 août, le président biélorusse Loukachenko a rencontré le vice-Premier ministre russe Mantourov. Le lendemain, Volfovitch, secrétaire du Conseil de sécurité de Biélorussie, a annoncé que, dans le cadre d’une vérification de l’état de préparation des troupes, « l’une des brigades quitterait son lieu de stationnement permanent pour accomplir plusieurs missions, telles que définies par la direction des forces armées et l’état-major général ».
