Rencontre Poutine-Pachinian à Bichkek 

Փաթ-Փութին

L’adhésion à l’UE et l’agenda des relations arméno-russes

Pour la première fois depuis sa réélection, Nikol Pachinian s’est entretenu avec Vladimir Poutine à Bichkek, sur fond de relations arméno-russes tendues.

Lors de la rencontre, le président russe a souligné que l’aspiration à rejoindre l’Union européenne (UE) est un droit légitime de l’Arménie, mais que cette démarche est incompatible avec son maintien au sein de l’Union économique eurasiatique (UEE). Selon lui, l’adoption par l’Arménie de la loi amorçant le processus d’adhésion à l’UE équivaut de facto à un retrait de l’organisation actuelle. Dans ce contexte, Vladimir Poutine a de nouveau suggéré l’organisation d’un référendum sur l’adhésion à l’UE, afin de laisser le choix final au peuple. Il a également rappelé que la Russie demeure le premier partenaire économique de l’Arménie, le volume des échanges commerciaux ayant atteint 2,5 milliards de dollars depuis le début de l’année. Parallèlement, Moscou a exprimé son mécontentement face à l’arrestation de Robert Kotcharian et d’autres personnes.

En réponse à ces déclarations, le Premier ministre Pachinian a clarifié que l’Arménie n’avait soumis aucun préavis de retrait de l’UEEA, et qu’il n’existait pas de mécanisme juridique pour exclure un État de cette structure. Il a martelé qu’en adoptant la loi relative à l’UE, Erevan n’avait violé aucun de ses engagements envers l’UEE. Abordant la demande de référendum et les ultimatums exigeant une orientation claire, M. Pachinian les a jugés inacceptables. Il a insisté sur le fait que de telles décisions relèvent du droit souverain de l’Arménie et que la prérogative d’organiser ou non un référendum appartient exclusivement à Erevan. Le Premier ministre a par ailleurs expliqué que le Parlement arménien avait adopté cette loi sur l’UE précisément pour éviter un référendum, la question n’étant pas encore tout à fait arrivée à maturité.

Malgré ces contradictions, Nikol Pachinian a qualifié la rencontre de Bichkek de « très bonne », soulignant la nécessité de reconfigurer les relations arméno-russes à l’aune de ces nouvelles conditions. Selon lui, ce processus pourrait rendre les liens bilatéraux plus avantageux, constructifs et chaleureux. Les deux parties ont convenu de poursuivre cet échange franc lors de la prochaine visite de M. Pachinian à Moscou.