Un manuscrit de 1491 offert au Matenadaran éclaire l’histoire d’un village arménien

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Quelques mots laissés par un copiste il y a plus de cinq siècles permettent aujourd’hui de mieux situer un village arménien peu documenté. Dans un recueil d’hymnes daté de 1491, le prêtre Hovhannes indique avoir travaillé à Am, dans le district de Baghech, ou Bitlis. Cette précision géographique constitue l’un des principaux apports du manuscrit récemment entré dans les collections du Matenadaran d’Erevan.

L’institut possédait déjà un Évangile copié par ce même prêtre à Am en 1497. Selon le Matenadaran, cet ouvrage contenait jusqu’alors la seule mention connue du village dans les sources manuscrites, sans préciser sa localisation. L’arrivée d’un volume antérieur de six ans permet donc de rapprocher deux témoignages de l’activité de Hovhannes et de rattacher le lieu où il exerçait à un district.

L’information se trouve dans le colophon, cette notice où les copistes consignent les circonstances de leur travail. Souvent discrètes, ces indications accompagnant les textes peuvent devenir des sources précieuses pour retracer l’histoire des lieux et des personnes qui les ont produits.

Le manuscrit est un Charaknots, un livre de chants liturgiques comportant des khaz, signes de l’ancienne notation musicale arménienne. Repéré à Vienne par une délégation conduite par le directeur du Matenadaran, il a été offert à l’institut par l’homme d’affaires et mécène arménien de Syrie Gabriel Chemperjian, en mémoire de son épouse Angel.

En saluant ce geste, le Matenadaran accueille ainsi un ouvrage dont l’intérêt dépasse son contenu religieux et musical : il conserve aussi la trace d’un copiste et d’un village dont l’histoire reste à approfondir.