Moscou : « La reconnaissance de la Cour pénale internationale par Erevan est un pas vers un rapprochement avec l’Union européenne »

ՄՊԱ

Le Conseil de sécurité de la Russie a déclaré que la reconnaissance par l’Arménie de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) était avant tout motivée par l’aspiration d’Erevan à adhérer à l’Union européenne.

Selon un communiqué publié par le service de presse de cette institution, bien que l’Arménie ait officiellement justifié la ratification du Statut de Rome par la nécessité d’une enquête internationale sur les crimes commis lors des affrontements frontaliers, Erevan n’a, à ce jour, adressé aucune demande en ce sens à la Cour.

« En réalité, l’adhésion au Statut de la CPI est l’une des principales conditions politiques pour les pays aspirant à rejoindre l’UE », affirme la partie russe, ajoutant que Moscou considère cette Cour comme une institution politisée et partiale, prête à exécuter les ordres de ses parrains occidentaux.

Précisons que la principale raison de la fermeté de Moscou tient au mandat d’arrêt émis par la CPI en mars 2023 contre le président russe Vladimir Poutine. En ratifiant le Statut, l’Arménie serait donc théoriquement tenue d’arrêter le dirigeant russe si celui-ci se rendait sur son territoire : une perspective que le Kremlin considère comme un acte ouvertement hostile.

Rappelons qu’Erevan avait principalement justifié la ratification du Statut par la nécessité de garantir au pays une sécurité accrue, soulignant que le risque d’une nouvelle attaque militaire de l’Azerbaïdjan demeurait élevé et que la compétence de la CPI pouvait constituer un moyen de prévention et de dissuasion à l’égard de Bakou.

À ce jour, 123 États ont adhéré au Statut de Rome. Parmi les autres pays de la région, seule la Géorgie l’a ratifié, en 2003. La Turquie et l’Azerbaïdjan n’ont pas signé l’accord, tandis que la Russie a retiré sa signature en 2016.