Musa Dagh : à Paris, Jean Cordelle fera revivre l’histoire de son grand-père marin le 10 octobre

Musa Dagh : à Paris, Jean Cordelle fera revivre l’histoire de son grand-père marin le 10 octobre

Un carnet d’officier, un album de plus de deux cents photographies, datées et légendées de sa main. De son grand-père maternel, Jean Cordelle a retrouvé ces traces qui racontent un parcours de marin, mais aussi sa participation à un épisode décisif de l’histoire arménienne. En septembre 1915, Jean Le Mée a 23 ans. Enseigne de vaisseau à bord du croiseur Desaix, affecté à la compagnie de débarquement, il participe au sauvetage des Arméniens du Musa Dagh. Plus d’un siècle après, son petit-fils viendra présenter le livre issu de ses recherches, samedi 10 octobre, à la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens de Paris.

En 1915, alors que le génocide frappe les Arméniens de l’Empire ottoman, des villageois refusent de se plier aux ordres de déportation et se réfugient sur le Musa Dagh. Sur cette montagne qui domine la Méditerranée, ils organisent leur défense et résistent pendant cinquante-trois jours aux assauts des troupes ottomanes. Mais les vivres et les munitions s’épuisent. Repérés par la Marine française, les résistants vont préparer avec les marins une évacuation qui permettra à plus de quatre mille personnes de rejoindre Port-Saïd, en Égypte, depuis la plage de Ras el Mina. Des familles entières échappent ainsi à l’extermination, au prix d’un nouvel arrachement à leur terre.

C’est dans cette histoire collective que s’inscrit celle du jeune officier breton. Avec L’Épopée des Arméniens et des marins. Musa Dagh / Ras El Mina. Septembre 1915, publié aux éditions Hémisphères, Jean Cordelle restitue le parcours de Jean Le Mée et revient sur cette rencontre entre des Arméniens déterminés à survivre et des marins engagés dans leur sauvetage. Douze années de recherches nourrissent ce travail. Les souvenirs conservés dans une famille française viennent ainsi rejoindre la mémoire transmise dans les familles arméniennes, chacune gardant une part de ces journées dont dépendait leur avenir.

Organisée par l’Association Sainte-Croix des Arméniens catholiques de France, la rencontre sera accompagnée d’une exposition d’une centaine de documents historiques : photographies, cartes et archives publiques et privées. De quoi donner des visages et des lieux à cette histoire, et suivre, à travers les traces laissées par ses acteurs, la façon dont une résistance s’est prolongée en opération de sauvetage. La conférence sera suivie d’une vente et d’une séance de dédicaces.

Samedi 10 octobre 2026 à 15 heures, salle paroissiale de la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, 13, rue du Perche, Paris 3e. Entrée libre.