Nouvelles tensions entre l’Iran et l’Azerbaïdjan autour de l’enseignement en langue maternelle
Les représentants des organisations azerbaïdjanaises signataires de la lettre ouverte devant l’ambassade d’Iran.
Les différends diplomatiques entre l’Iran et l’Azerbaïdjan connaissent un nouvel épisode, cette fois autour du droit de la population azerbaïdjanophone d’Iran à recevoir un enseignement dans sa langue maternelle.
Cinquante-cinq organisations non gouvernementales azerbaïdjanaises ont adressé une lettre ouverte au président iranien Massoud Pezeshkian, lui demandant de garantir ce droit à la communauté azérie d’Iran. Publiée le 26 octobre, la lettre a été remise le 2 novembre à l’ambassade d’Iran à Bakou.
Le lendemain, la représentation diplomatique a toutefois affirmé ne pas avoir officiellement accepté ce courrier. Elle a expliqué que, conformément à ses procédures internes, les lettres provenant d’expéditeurs inconnus ou jugés peu fiables n’étaient pas enregistrées, mais détruites.
Cette réponse a suscité l’indignation des organisations signataires, qui accusent l’ambassade de chercher délibérément à éluder la question soulevée dans leur démarche.
La controverse fait suite aux déclarations du ministre iranien des Sciences, Hossein Simaei-Sarraf, qui avait invité les jeunes Azerbaïdjanaises portant le voile islamique à poursuivre leurs études dans les universités iraniennes. Bakou avait dénoncé une ingérence dans ses affaires intérieures, invitant Téhéran à se préoccuper plutôt des droits linguistiques et éducatifs de sa propre population azérie.
Ainsi, le désaccord initial, né des restrictions concernant le port du voile islamique dans les établissements scolaires azerbaïdjanais, s’étend désormais à la question des droits linguistiques des minorités en Iran.
