ÉDITORIAL – Un système d’élection hybride à revoir !
Les élections du Collège des Particuliers du CCAF se dérouleront du 6 au 8 février. Les représentants des Particuliers siègeront au Conseil National du CCAF, composé de délégués des trois Conseils Régionaux, au sein duquel les représentants des Particuliers occuperont 25 à 33 % des sièges.
Pour les élections du Collège des Particuliers, seules deux listes électorales ont été constituées : la première intitulée « Rassembler, construire, transmettre » et la seconde « Ensemble pour l’Arménie ». « Nor Haratch » a présenté les programmes des deux listes en lice dans son numéro du 3 janvier 2026. Le journal a également sollicité une interview auprès des responsables des deux listes ; pour l’heure, seule la liste dirigée par François Devedjian et Aurélie Deyirmendjian a accepté l’invitation. L’interview a été publiée dans le numéro du 17 janvier.
La réforme des statuts du CCAF, présentée comme une avancée démocratique majeure, soulève toutefois une question essentielle sur le plan constitutionnel. La disposition hybride de l’élection du Conseil National du CCAF crée une inégalité de représentation de la communauté franco-arménienne au sein dudit Conseil. Pourquoi ? Les membres des organisations ayant rejoint le CCAF sont déjà représentés par leurs délégués ; or, lorsqu’ils s’inscrivent également à titre individuel aux élections du Collège des Particuliers, ils se trouvent représentés une seconde fois. Cela crée, de fait, une inégalité de représentation. En réalité, le problème ne concerne pas seulement les candidats élus, mais tous les adhérents des structures membres du Collège des Organisations, puisque celles-ci les représentent déjà au sein du CCAF. Il y a donc ici une violation du principe d’égalité de représentation et, par conséquent, de la démocratie. Cela implique que les membres du Collège des Organisations ne devraient pas avoir le droit de participer aux élections du Collège des Particuliers. L’adhésion à ce dernier devrait être réservée aux seuls particuliers n’étant pas affiliés à des organisations membres.
Deuxièmement, il règne une imprécision concernant les programmes des deux listes participant aux élections du Collège des Particuliers : la frontière n’est pas claire entre les programmes des représentants des Organisations et ceux présentés par les candidats du Collège des Particuliers. Les programmes de ces deux listes ne précisent pas quelle est la spécificité du projet des Particuliers par rapport à celui des Organisations. Qui défend quoi, indépendamment des causes communes générales telles que le Génocide, le négationnisme ou la lutte contre la propagande turque ?
La troisième lacune essentielle réside dans le fait que les programmes des deux listes concurrentes ne contiennent aucune mesure chiffrée des actions envisagées ; il n’existe aucune évaluation budgétaire. Combien coûteront ces programmes à mettre en œuvre ? Qui les financera et avec quels moyens ?
Enfin, il existe une question fondamentale concernant la spécificité de la communauté arménienne de France et ses valeurs : biculturalisme, bilinguisme, transmission générationnelle, gouvernance… Ce point a été ostensiblement ignoré dans le choix même du titre de la liste « Ensemble pour l’Arménie ». Être ensemble pour l’Arménie est compréhensible, mais que faire pour les Franco-Arméniens ? Être ensemble uniquement pour l’Arménie ?
J. Tch.■
