Le rapport du renseignement extérieur d’Arménie sur les menaces de 2026
Au cours des dernières années, la plus grande réussite concernant la sécurité de l’Arménie a été la création du Service de renseignement extérieur (SRE), qui a fêté son troisième anniversaire le 31 décembre 2025. Avant la création de ce service dépendant du cabinet du Premier ministre, le renseignement arménien dépendait directement du service de renseignement russe, dont les lacunes ont causé des pertes considérables à l’armée arménienne dès les premières heures de la guerre de 2020.
Autant les armements, la préparation des soldats sont nécessaires, tout comme l’économie et les institutions sociales solides, autant et plus encore est nécessaire le SRE, le service d’un groupe de personnes ayant reçu une formation et une éducation spécialisées et maîtrisant les outils d’information modernes, qui dispose de nombreuses informations ouvertes et secrètes, dont le devoir est d’observer, d’analyser, d’anticiper tous les dangers visibles et cachés auxquels l’État est exposé.
Comme il est de coutume dans les États développés d’informer le public des dangers menaçant la sécurité du pays par des rapports annuels, le SRE a récemment publié son deuxième rapport annuel pour 2026, dans la préface duquel Kristiné Grigorian, directrice du SRE, déclare : « Je pense qu’il est superflu de justifier que dans les conditions d’un ordre mondial en mutation rapide, d’une situation internationale instable et pleine de conflits, d’une course folle économique, logistique et technologique, des défis apportés par l’intelligence artificielle et les innovations technologiques, il est vital d’anticiper, de prévenir, de contrer et d’empêcher les dangers menaçant notre État, de protéger et de renforcer l’État, l’indépendance et la souveraineté de la République d’Arménie, mais aussi de voir les opportunités tactiques et stratégiques dont l’utilisation sera décisive pour le développement et la pérennité de notre État. »
Le rapport note, de manière synthétique, tous les conflits observés depuis l’Arménie qui ont une influence de loin ou de près sur la sécurité du pays. Cependant, naturellement, il accorde une attention particulière aux questions de sécurité et aux risques qu’encourt le pays pendant la période électorale, lesquels sont nombreux et l’expérience internationale montre déjà toutes les interventions auxquelles sont soumis les petits États, qui se trouvent particulièrement sur la ligne de bascule sous l’influence des grandes puissances occidentales et orientales ou sont sujets à des tentatives de changement de régime, comme la Géorgie, l’Ukraine, la Moldavie et l’Arménie…
Le principal danger auquel l’Arménie est exposée est le risque d’une attaque militaire de l’Azerbaïdjan, attaque qui depuis la défaite de 2020, est suspendue au-dessus de la tête de l’Arménie comme une épée de Damoclès. Sur ce front, le SRE évalue le danger de guerre comme « presque improbable », notamment sur la base de l’accord préalablement signé à Washington.
Sur la page des conclusions principales du rapport 2026, la section sur les dangers et opportunités économiques et infrastructurels mérite attention. Il est noté : « Les nouvelles initiatives économiques, infrastructurelles et commerciales de notre région continueront en 2026 à être la cible de différents acteurs poursuivant d’autres intérêts dans la région. »Et le deuxième grand danger est le chapitre sur « Les menaces hybrides à l’encontre de l’Arménie », où le rapport note : « En raison des élections de 2026, les actions d’influence menées contre l’Arménie par différents acteurs extérieurs deviendront, avec une forte probabilité, plus globales, complexes et à grande échelle. Il est probable que des actions d’information nuisibles utilisant de fausses informations, déformées ou sorties de leur contexte, et des cyberactions nuisibles soient réalisées… ».
J. Tch.■
