Moscou avertit l’Occident, via Ankara, d’une « apocalypse nucléaire »

Moscou 2

Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 10 août 2026

Le 7 août, le ministre turc des Affaires étrangères, M. Fidan, a révélé que, lors de sa visite à Moscou, il lui avait été clairement indiqué que la Russie était « prête à recourir à ses options ultimes » dans la guerre contre l’Ukraine, et qu’Ankara en avait « informé ses partenaires occidentaux ».

Quels que soient les efforts du diplomate turc pour choisir la formulation la « plus délicate  possible » il ressort clairement de ses propos que la Russie avertit les nations occidentales- par l’intermédiaire de la Turquie, qu’elle « utiliserait des armes nucléaires en cas de situation critique » sur le front ukrainien. Le 18 juillet, le président russe Vladimir Poutine avait reçu le ministre turc des Affaires étrangères à Kazan. C’est très probablement lors de cette rencontre que Fidan a « compris » que Poutine était « prêt à recourir à l’ultime extrémité ».

Trois semaines environ après la visite de Fidan à Moscou, Ankara a accueilli un sommet de l’OTAN. On peut affirmer sans se tromper que, dans ce cadre, la Turquie a exposé à ses partenaires occidentaux la probabilité que la Russie utilise des armes nucléaires sur le front ukrainien. À cet égard, il est significatif qu’Ankara ait « révélé » cette information après la signature de l’« Accord de La Mecque » avec l’Arabie saoudite et le Pakistan. Le Pakistan est, de facto, une puissance nucléaire, et il semblerait que la Turquie cherche à se prémunir contre un scénario d’« apocalypse » grâce à un traité de « défense conjointe » avec Islamabad.

Citant des sources diplomatiques, « RIA Novosti » a rapporté hier que le représentant spécial du président américain, M. Witkoff, « se rendra prochainement à Moscou ». Auparavant, il se rendra très probablement à Kiev. La semaine dernière, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a jugé inacceptable un « gel de la ligne de front » en Ukraine. Le 10 août, le président russe Vladimir Poutine a de son côté déclaré que la Russie « atteindrait tous les objectifs qu’elle s’est fixés ».

Dans cette situation, le président américain Trump va-t-il, une fois de plus, proposer une médiation ?

Le week-end dernier, le Sénat américain a approuvé un projet de loi imposant des « sanctions infernales » à la Russie. Moscou qualifiera sans doute cette initiative des législateurs américains simplement d’« inamicale ».