Affaire du 1er mars : première comparution de Robert Kotcharian depuis son incarcération

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Une nouvelle audience du procès lié aux événements du 1er mars 2008 s’est tenue vendredi 18 septembre à Erevan. Robert Kotcharian comparaissait aux côtés de Seyran Ohanian, Armen Gevorgian et Youri Khatchatourov. Les quatre hommes sont notamment poursuivis pour dépassement de leurs pouvoirs officiels et abus d’influence.

L’audience a notamment porté sur la situation de Youri Khatchatourov. Sa défense demande l’abandon des poursuites en invoquant l’immunité dont il bénéficiait lorsqu’il occupait les fonctions de secrétaire général de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Le parquet conteste cet argument, estimant notamment que cette protection ne s’appliquait pas aux faits reprochés en Arménie. Le tribunal doit se prononcer sur cette demande lors de la prochaine audience, prévue le 25 septembre.

Pour Robert Kotcharian, il s’agissait de la première comparution dans ce dossier depuis son placement en détention à la fin du mois d’août. Cette incarcération relève cependant d’une autre procédure, dans laquelle l’ancien président est poursuivi notamment pour abus de fonctions, corruption et blanchiment d’argent à grande échelle.

Le dossier du 1er mars trouve son origine dans la crise qui avait suivi l’élection présidentielle de 2008. La contestation du résultat du scrutin avait débouché, le 1er mars, sur de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Erevan. Dix personnes avaient perdu la vie. À ce jour, aucune condamnation n’a été prononcée pour ces décès.

Depuis, la procédure judiciaire a connu de nombreux rebondissements. Robert Kotcharian et plusieurs de ses anciens collaborateurs avaient d’abord été poursuivis pour renversement de l’ordre constitutionnel. En 2021, la Cour constitutionnelle avait toutefois invalidé la disposition pénale sur laquelle reposait cette accusation, entraînant l’arrêt des poursuites sur ce fondement. Le dossier a ensuite été relancé sous d’autres qualifications, notamment pour dépassement des pouvoirs officiels et abus d’influence.

Vendredi, plusieurs partisans de l’ancien président s’étaient rassemblés aux abords du tribunal pour protester contre son placement en détention.

Près de dix-huit ans après les événements du 1er mars, l’affaire reste l’un des dossiers les plus sensibles de l’histoire politique récente de l’Arménie. Les multiples interruptions et changements de qualification ont jusqu’ici retardé l’établissement définitif des responsabilités. La reprise du procès laisse donc entière une question centrale : la justice arménienne parviendra-t-elle, cette fois, à mener cette affaire jusqu’à son terme ?