Deux représentations opposées de la guerre d’Artsakh : « Revival » à Los Angeles, « 44 » à Bakou

Ճիւան Աւետիսեան

Ջիւան Աւետիսեան՝ կեդրոնը (թիթեռնաձեւ փողկապով)

Deux films présentant la guerre d’Artsakh de 2020 sous des angles radicalement différents ont été projetés en première durant la première quinzaine d’octobre, à Los Angeles et à Bakou. Tandis que le film arménien « Revival » (« Renaissance ») aborde les conséquences humaines et psychologiques de la guerre, le film azerbaïdjanais « 44 » glorifie la victoire militaire et le patriotisme.

La première mondiale de « Revival », du réalisateur arménien Djivan Avétissian, a eu lieu le 3 octobre dans la salle Steven J. Ross des studios Warner Bros., à Los Angeles.

Coproduction entre l’Arménie, la Lituanie et Chypre, le film mêle science-fiction et dimension psychologique pour évoquer la tragédie humaine de la guerre d’Artsakh de 2020, les blessures profondes qu’elle a laissées et la possibilité d’une renaissance spirituelle.

L’intelligence artificielle occupe également une place importante dans le récit, à travers lequel sont explorées les questions de conscience humaine, d’identité et de responsabilité morale.

La distribution internationale réunit notamment l’Américain Armand Assante, l’Allemand Heino Ferch, le Franco-Arménien Robinson Stévenin, la Française Clémence Poésy et d’autres acteurs.

Ce quatrième long métrage d’Avétissian sera également présenté aux communautés arméniennes des États-Unis. Sa sortie dans les salles arméniennes est prévue en mars 2027.

Entre-temps, le 12 octobre, la première du film azerbaïdjanais « 44 » s’est tenue en grande pompe au Centre Heydar-Aliev de Bakou, en présence de hauts responsables de l’État, dont des membres de la famille Aliev.

La soirée a commencé par une minute de silence à la mémoire des soldats azerbaïdjanais morts pendant la guerre. Un orchestre s’est ensuite produit, tandis que les images documentaires projetées glorifiaient la victoire de l’armée azerbaïdjanaise et la politique des Aliev.

Selon la presse locale, « 44 » retrace les opérations des forces spéciales azerbaïdjanaises pendant la guerre de 2020, avec pour objectif de renforcer l’esprit patriotique de la jeune génération et de perpétuer le souvenir de la victoire.

Réalisé avec le soutien du ministère azerbaïdjanais de la Culture et d’autres institutions publiques, le film a été tourné dans plus de 130 lieux, avec la mobilisation d’importants moyens militaires. Il sortira dans les salles azerbaïdjanaises à partir du 15 octobre.

Ainsi, ces deux films présentés à quelques jours d’intervalle proposent deux récits opposés d’une même guerre. Le film arménien cherche à mettre en lumière les souffrances humaines provoquées par le conflit et les voies permettant de les surmonter, tandis que le film azerbaïdjanais entend perpétuer la victoire militaire comme symbole de fierté nationale et de mémoire historique.