Elle devait être achevée en 2023. En 2026, les travaux n’ont toujours pas commencé : l’énigme de la plus grande centrale solaire d’Arménie

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Image générée par intelligence artificielle : à gauche, le ministre de l'Économie de la République d'Arménie, Guevorg Papoyan ; à droite, Mohammed Jameel Al Ramahi, directeur général de la société Masdar.

La construction de la plus grande centrale solaire d’Arménie, dont l’achèvement était initialement prévu pour la fin de l’année 2023, n’a toujours pas commencé en octobre 2026. Plus étonnant encore, les autorités ne sont aujourd’hui en mesure de préciser ni la date de lancement du chantier ni celle de sa livraison.

Interrogé par le média Infocom, le ministère arménien de l’Économie a indiqué que les négociations avec le groupe émirati Masdar se poursuivaient et qu’un calendrier ne pourrait être établi qu’une fois les discussions achevées et les documents contractuels définitivement arrêtés.

Baptisé « Ayg-1 », ce projet d’envergure remonte à 2019. Il prévoit la construction, entre Talin et Dashtadem, dans la région d’Aragatsotn, d’une centrale solaire photovoltaïque d’une puissance de 200 mégawatts. Estimé à 174 millions de dollars, l’investissement devait être assuré par la société Masdar, basée aux Émirats arabes unis. À terme, l’installation devait devenir la plus grande centrale solaire du pays.

Mais les échéances ont été repoussées les unes après les autres. En 2021, les autorités annonçaient une durée de construction de deux ans. En avril 2025, à l’issue d’une rencontre avec la direction de Masdar, le ministre de l’Économie, Guevorg Papoyan, assurait que les travaux démarreraient au début de l’année 2026. Une promesse restée, elle aussi, sans lendemain.

Parmi les causes de ces retards figure la liquidation, en 2024, du Fonds des intérêts nationaux d’Arménie (ANIF), qui a compliqué le transfert de la participation de 15 % détenue par la partie arménienne dans le projet.

Masdar s’était en effet opposé à ce que cette participation soit directement placée sous le contrôle du ministère de l’Économie. Pour sortir de l’impasse, le gouvernement a créé, en juin 2025, une nouvelle société publique, « Développement de l’énergie solaire », au capital de laquelle ont été apportés des terrains appartenant à l’État, évalués à quelque 2,9 milliards de drams. À cela se sont ajoutés 18,4 millions de drams prélevés sur le budget de l’État en 2025 pour financer le fonctionnement de cette structure.

Pourtant, malgré ces réaménagements administratifs, le projet demeure au point mort.

Autre source d’inquiétude : l’ANIF, toujours en cours de liquidation, accumule près de 3,7 milliards de drams de dettes. Une éventuelle faillite pourrait remettre en cause les transferts de terrains et de participations liés au projet. Reste à savoir dans quelle mesure cette incertitude juridique contribue effectivement au blocage du chantier.

Ainsi, après des années de négociations, de décisions gouvernementales, d’affectations de terrains publics et même la création d’une nouvelle société d’État, ce projet de 174 millions de dollars demeure, pour l’heure, à l’état de promesse.