La Commission européenne s’inquiète des restrictions aux droits de la communauté arménienne de Turquie

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Écoles arméniennes, commémoration du génocide et affaire Hrant Dink au cœur des préoccupations

Dans son rapport annuel sur la Turquie, publié le 4 novembre, la Commission européenne exprime ses préoccupations concernant les restrictions persistantes aux droits des minorités ethniques et religieuses du pays. Le document met notamment en lumière les difficultés rencontrées par les établissements scolaires arméniens, les interdictions frappant les commémorations du génocide arménien et la persistance des discours et actes de haine.

Le rapport évoque notamment la controverse survenue en août concernant l’admission des enfants de nationalité arménienne dans les écoles communautaires arméniennes d’Istanbul. Des inspecteurs du ministère turc de l’Éducation avaient alors informé verbalement les responsables de ces établissements qu’ils ne pourraient plus accueillir d’enfants venus d’Arménie en qualité d’« élèves invités ».

Toutefois, le 26 août, à l’issue d’un entretien avec le ministre de l’Éducation, Yusuf Tekin, le député Sevan Sıvacıoğlu avait annoncé qu’aucune nouvelle restriction n’avait été adoptée et que le dispositif en vigueur depuis 2012 demeurait applicable. Celui-ci permet aux enfants possédant la nationalité arménienne de fréquenter les écoles communautaires arméniennes, sans toutefois pouvoir obtenir de diplôme officiel.

Néanmoins, selon plusieurs articles publiés par l’hebdomadaire arménien d’Istanbul Agos à la fin du mois de septembre et au début d’octobre, certains établissements éprouvaient toujours des difficultés à inscrire de nouveaux élèves, faute d’avoir reçu une clarification écrite du ministère.

La Commission européenne relève également que des inspecteurs du ministère de l’Éducation ont procédé à des contrôles dans les établissements scolaires des minorités. Des inspections similaires ont aussi concerné les écoles des communautés grecque et juive.

Le rapport rappelle par ailleurs qu’en avril 2026, le gouvernorat d’Istanbul a interdit les principales manifestations publiques organisées à l’occasion de la journée de commémoration du génocide arménien.

Le document évoque également l’affaire Hrant Dink. La procédure relative au nouveau jugement de responsables de l’État impliqués dans l’assassinat du journaliste arménien, survenu en 2007, demeure pendante devant la Cour de cassation turque.

La Commission constate en outre la persistance des discours de haine et des infractions motivées par la haine, dont les principales cibles sont notamment les Arméniens, les Grecs, les Juifs, les Alévis et les Syriens.

Le rapport souligne également les difficultés rencontrées par les minorités en raison de l’absence de statut juridique reconnu à leurs institutions religieuses, des obstacles à l’enseignement dans leur langue maternelle, des restrictions touchant leurs droits culturels et patrimoniaux, ainsi que de leur représentation insuffisante au sein des institutions publiques.

Selon la Commission européenne, le cadre législatif et institutionnel destiné à protéger les droits des minorités ethniques et religieuses en Turquie demeure lacunaire, tandis qu’aucune avancée significative n’a été enregistrée dans la lutte contre les discriminations.