L’arrestation retentissante de Gaguik Khatchatrian
Interrogatoire sur brancard, contestation de la gravité de la maladie et deux mois de détention provisoire
La procédure judiciaire entourant l’ancien ministre des Finances d’Arménie et ancien président du Comité des revenus de l’État, Gaguik Khatchatrian, a franchi une étape sans précédent. Son arrestation alors qu’il était alité et son transfert au tribunal sur un brancard ont suscité un vif écho public et politique, se transformant en un débat houleux sur les méthodes des forces de l’ordre et la protection des droits humains. Par décision de justice, Khatchatrian a été condamné à deux mois de détention provisoire, malgré les vives objections de son équipe d’avocats et les alertes concernant son état de santé.
Les forces de l’ordre ont présenté Khatchatrian à l’interrogatoire et à l’audience dans des conditions extrêmement inhabituelles : il a été amené au tribunal sur un brancard car, selon la défense, il est incapable de se déplacer de manière autonome. Cet interrogatoire mené alors qu’il était alité et cette procédure de placement en détention ont immédiatement attiré l’attention du bureau du Défenseur des droits humains (Ombudsman), qui a commencé à examiner les vidéos et les faits diffusés sur Internet afin de déterminer s’il y a eu atteinte à la dignité de la personne ou torture.
Le point le plus controversé de l’affaire demeure le désaccord autour de l’état de santé de Khatchatrian et du lieu de son traitement. D’un côté, les avocats et les proches de Khatchatrian soutiennent que sa maladie est grave et nécessite impérativement un traitement spécialisé à l’étranger ; selon eux, le conduire au tribunal sur un brancard dans de telles conditions est purement arbitraire juridiquement et peut s’apparenter à de la torture. D’un autre côté, les autorités arméniennes et les organes d’enquête abordent cette demande avec une grande réserve, estimant qu’il ne s’agit que d’un stratagème théâtral et d’un prétexte pour échapper à la justice et s’enfuir à l’étranger. Ils affirment que la gravité de la maladie est exagérée et que toutes les conditions et capacités médicales nécessaires sont présentes en Arménie pour organiser son traitement dans le pays.
Dans ce climat extrêmement polarisé, le tribunal a donné droit à la requête de l’organe d’instruction préparatoire et a choisi la détention provisoire de deux mois comme mesure de précaution à l’encontre de Khatchatrian. Cette décision montre que le système judiciaire est déterminé à poursuivre sa ligne intransigeante dans les affaires pénales retentissantes, en ignorant les affirmations relatives à l’état de santé et en donnant la priorité au déroulement fluide et rigoureux de l’enquête.
