Ararat Mirzoyan au sujet de « l’affaire de Gandzasar »

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Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Ararat Mirzoyan, estime que le ministère qu’il dirige a pris les mesures qui s’imposaient à la suite des événements survenus le week-end dernier à Gandzasar.

Alors qu’il accompagnait des diplomates étrangers lors d’une visite au Karabakh à la fin de la semaine dernière, Hikmet Hadjiev, conseiller du président Aliev avait affirmé que « les monastères de Gandzasar et de Dadivank n’étaient pas des églises arméniennes, mais albaniennes ». Par ailleurs, ce haut-fonctionnaire azerbaïdjanais avait tenu des propos moqueurs au sujet des manuscrits arméniens qu’il avait présenté comme des faux, alors qu’il ne s’agissait que de copies confectionnées pour être exposées.

En réponse à une question du journaliste du site « Azatutyun » sur les raisons pour lesquelles le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international n’avait pas publié de déclaration à ce sujet, M. Mirzoyan a déclaré : « Il existe des instances plus spécialisées en la matière. Nous avons pris connaissance de la position des responsables du Matenadaran et nous sommes très satisfaits de [leur] attitude et de [leur conduite]. Nous avons échangé avec la direction du Matenadaran ; une visite a eu lieu ».

Le 14 septembre, venant de Bakou, Magdalena Grono, représentante spéciale de l’Union européenne, a visité le Matenadaran accompagnée de Vahan Gostanian, vice-ministre des Affaires étrangères et du Commerce international.

A l’occasion d’une visite en Azerbaïdjan où elle s’était rendue en compagnie d’autres diplomates étrangers, Magdalena Grono avait visités les sanctuaires de Gandzasar et de Dadivank. A l’issue de sa visite, elle avait écrit sur « X « que les parties avaient des « points de vue et des récits profondément divergents quant aux origines de certains sites ». Ce commentaire avait suscité une grande indignation en Arménie. Plus d’une dizaine d’organisations de la société civile ont affirmé que Magdalena Grono avait, par ses propos, « légitimé le nettoyage ethnique des Arméniens ainsi que la destruction du patrimoine culturel arménien au Karabakh ». Par la suite, la diplomate européenne s’était reprise et avait ajouté depuis Erevan qu’elle « ne contestait pas la présence arménienne passée, ni le riche héritage arménien dans les zones du Karabakh autrefois touchées par le conflit ».

A. Mirzoyan a également récusé l’observation d’un journaliste selon laquelle les réactions d’Erevan n’étaient « ni appropriées ni suffisantes ». Quant à savoir s’il jugeait « constructives » les actions de Bakou, il a renvoyé le journaliste aux propos tenus la veille par Ruben Rubinian, le président de l’Assemblée nationale, qui avait condamné l’attitude et les propos de Hikmet Hadjiev. Le ministre a conclu « Le président de l’Assemblée nationale l’a très bien formulé. Oui, bien sûr, il est évident que cela ne renforce pas la paix établie, au contraire, cela alimente certaines choses qui conduisent peut-être à une vision peu optimiste des perspectives de paix à venir. De telles choses font précisément le jeu de ce narratif ».