Anastase Mikoyan vs le Haut-Karabakh et le Nakhitchevan

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Anastase Mikoyan est réputé pour sa longévité et pour sa présence « record » à des postes de responsabilité dans la défunte URSS de 1923 à 1965. On peut légitimement penser qu’une telle longévité dans un tel système, a largement dépendu d’une grande « adaptabilité » du personnage … Il y a quelques années, des voix s’étaient élevées en Arménie pour demander que l’on érige un monument à sa gloire à Erevan. Les partisans de l’érection de ce monument le présentaient alors comme un « grand patriote ». Mais en réalité, l’homme, pourtant condisciple de Simon Vratsian sur les bancs du Grand séminaire d’Etchmiadzine, était moralement parlant ce qu’il faut bien appeler une « crapule » qui avait, en particulier, dirigé les purges de 1937-38 en Arménie à la demande de Staline[1]. Il aurait aussi été cosignataire avec L. Beria de l’ordre d’exécution à Katy en 1940 d’environ 25 700 Polonais, dont 14 700 officiers. L’homme était également réputé pour avoir combattu avec un grand acharnement l’idéal d’indépendance de ses contemporains et la République démocratique d’Arménie. Ce court billet du politologue d’Erevan Stepan Hassan-Jalalian, publié sur son compte X, vient mettre la dernière touche au portrait de celui que certains partisans de l’opposition en Arménie présentent encore de nos jours comme un « noble fils du peuple arménien ». Un fils, dont la nation se serait volontiers passé …

Gorune

Il y a soixante ans, jour pour jour, le 30 septembre 1966, Anton Kotchinian, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l’Arménie soviétique, et Badal Mouradian, président du Conseil des ministres, adressaient une requête écrite au Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique au sujet rattachement du Haut-Karabakh (Karabakh) et du Nakhitchevan à l’Arménie soviétique, en déclarant: « Le rattachement du Haut-Karabakh à l’Arménie corrigerait l’anomalie de la situation actuelle. Au sein de l’Union soviétique, le peuple arménien, bien que numériquement peu nombreux, dispose de deux entités étatiques : une république fédérée arménienne et une région autonome nationale qui, tout en étant limitrophe de la première, se trouve sur le territoire d’une autre république fédérée. Au vu de ce qui précède… nous jugeons absolument indispensable d’examiner la question du rattachement du Nakhitchevan et du Haut-Karabakh à la RSS d’Arménie».

Cette initiative des autorités de l’Arménie soviétique était vouée à l’échec, car les dirigeants de l’Azerbaïdjan soviétique avaient réussi, par divers moyens, à convaincre la direction du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique que cette démarche des autorités arméniennes émanait d’éléments « nationalistes » susceptibles de provoquer des tensions interethniques.

Les dirigeants de l’Azerbaïdjan soviétique bénéficièrent à cette époque du soutien d’Anastase Mikoyan, membre du Présidium du Soviet suprême de l’URSS, et de Mikhaïl Souslov, membre du Politburo du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique.

Il est surprenant, mais établi, qu’Anastase Mikoyan, bien que d’origine arménienne, a également aidé les dirigeants de l’Azerbaïdjan soviétique à faire échec à l’initiative des dirigeants de l’Arménie soviétique, qui réclamaient le rattachement du Haut-Karabakh et du Nakhitchevan à l’Arménie.

C’est une preuve irréfutable qu’Anastase Mikoyan s’opposait au retour du Haut-Karabakh et du Nakhitchevan au sein de leur patrie, l’Arménie, privilégiant, à l’inverse, leur maintien sous l’autorité de l’Azerbaïdjan soviétique, une entité qui, à tous égards, leur était étrangère.

Il est regrettable, mais c’est un fait, qu’aujourd’hui encore, tout comme à l’époque évoquée nous ne manquions pas d’Anastase Mikoyan

Il est à cet égard urgent de réaliser des études approfondies et exhaustives afin de comprendre les motivations qui poussent un arménien à renoncer de son plein-gré à sa patrie, ou à une partie de celle-ci, et d’identifier les moyens adéquate pour éradiquer une telle mentalité antinationale.

STEPAN HASAN-JALALYAN

Politologue

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  1. Il aurait également été cosignataire avec L. Beria de l’ordre d’exécution à Katy en 1940 d’environ 25 700 Polonais, dont 14 700 officiers. ↑