Premiers affrontements sérieux au sein du Parlement nouvellement élu

ԱԺ-Քաշքշուք

Le pouvoir et l’opposition face à face sur les questions de l’armée et de l’Église

Les premiers affrontements sérieux et des bousculades entre le pouvoir et l’opposition ont éclaté au sein du Parlement arménien nouvellement élu. L’extrême tension qui a marqué les séances du 6 octobre avait deux causes principales : la demande de l’opposition d’enquêter sur les décès survenus dans l’armée et sur l’incident du Syunik, ainsi que l’initiative du pouvoir de créer une commission spéciale consacrée à la question de l’Église apostolique arménienne.

Les décès dans l’armée et la demande de démission du ministre de la Défense

Les groupes parlementaires d’opposition « Arménie forte » et « Arménie » ont exigé la démission du ministre de la Défense, Souren Papikian, lui reprochant de mener campagne à Stepanavan au moment de l’infiltration d’un soldat azerbaïdjanais dans la région du Syunik, le 1er octobre. Rappelons que ce soldat, qui avait quitté son unité, avait blessé une habitante du village de Chaki et ses deux enfants.

Le groupe « Arménie forte » a proposé de créer une commission d’enquête chargée d’examiner à la fois l’incident de Chaki et les circonstances de la mort de quinze soldats hors combat au cours des neuf premiers mois de l’année. Le secrétaire du groupe « Contrat civil », au pouvoir, Volodia Hakobian, a toutefois annoncé que la majorité rejetterait cette initiative.

Une commission d’enquête sur l’Église et le boycott de l’opposition

L’autre point de tension concernait la commission d’enquête parlementaire créée à l’initiative du pouvoir le 2 octobre pour examiner la situation autour de l’Église apostolique arménienne. Elle doit être présidée par le député de Contrat civil Arman Yeghoyan. Les élus de l’opposition considèrent cette démarche comme une ingérence directe de l’État dans les affaires de l’Église, rappelant le principe de séparation entre les deux institutions. Les deux groupes d’opposition ont annoncé qu’ils quitteraient l’hémicycle et ne participeraient ni aux débats ni au vote sur la validation de la composition de cette commission.

Insultes réciproques et bousculades

Les discussions sur ces points de l’ordre du jour ont rapidement dégénéré en altercations verbales et en bousculades, obligeant le président de l’Assemblée nationale, Rouben Roubinian, à suspendre la séance à deux reprises.

La tension est montée lorsque le secrétaire du groupe « Arménie forte », Tigran Abrahamian, a lancé avec ironie qu’il fallait déterminer si le ministre de la Défense était un « fake ». Roubinian lui a répliqué en se moquant du candidat de l’opposition au poste de Premier ministre, Samvel Karapetian. Plus tard, Roubinian a coupé le microphone du député d’opposition Edgar Ghazarian, l’accusant de s’écarter de l’ordre du jour alors que celui-ci appelait les députés à ne pas dépenser les primes qui leur avaient été versées. Cet épisode a été suivi des premières bousculades dans l’hémicycle.

Les esprits se sont de nouveau échauffés lorsque le député de Contrat civil Taron Tchakhoyan a accusé le catholicos de tous les Arméniens de pratiquer l’usure, le désignant par son nom civil, « Ktritch Nersissian », au cours de son intervention sur l’Église. Les élus de l’opposition se sont alors mis à frapper sur les tables, provoquant un nouveau tumulte accompagné d’insultes réciproques, dont le terme « ordure ». Roubinian a fermement rappelé les députés à l’ordre, leur demandant de maîtriser leurs émotions et de s’abstenir de tout affrontement physique.