Intervention de Marina Mesure (LFI) au Parlement Européen
« J’ai le sentiment que notre Parlement excelle dans l’art de se donner bonne conscience »
« Depuis plusieurs mois maintenant, nous multiplions les résolutions pour dénoncer la situation politique en Azerbaïdjan, à juste titre, mais sans que nos actes suivent nos mots.
Pourtant, sur le terrain, l’urgence est bien réelle. Elle frappe d’abord la société civile, les médias, les opposants politiques, tous broyés par le régime autoritaire d’Aliev. Elle frappe aussi les anciens dirigeants arméniens du Haut-Karabakh, toujours enfermés dans les geôles azéries au terme de procès factices.
Mais alors concrètement, que fait l’Union européenne ?
D’une main, elle signe un nouvel accord de partenariat avec Bakou. De l’autre, elle envoie nos représentants en visite guidée dans le Haut-Karabakh, vidé de sa population après l’épuration ethnique de 2023. Quel cynisme !
Alors évidemment, il faut exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques azéris, ainsi que la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers arméniens détenus illégalement.
Mais adopter des résolutions ne suffit plus.
Il est temps de conditionner nos relations avec l’Azerbaïdjan au respect strict des droits humains et des libertés fondamentales. Si nous ne le faisons pas, l’Union européenne perdra ce qu’il lui reste de crédibilité.
J’ai le sentiment que notre Parlement excelle dans l’art de se donner bonne conscience. »
