La question des mines, nouvel instrument de la propagande anti-arménienne de Bakou en Europe
Sous le slogan humanitaire « Un monde sans mines », l’Azerbaïdjan a organisé une série d’expositions photographiques dans des villes européennes, imputant également à l’Arménie la responsabilité des pertes humaines causées par les mines héritées de la guerre.
Organisées à l’initiative du club photographique azerbaïdjanais Gilavar, ces expositions ont débuté le 5 octobre à Genève, avant de se poursuivre à Brno, en République tchèque, à Ljubljana, en Slovénie, à Sarajevo, en Bosnie, à Zagreb, en Croatie, et à Salzbourg, en Autriche. La dernière étape de cette exposition itinérante s’est tenue le 17 octobre à Rome.
À Salzbourg, le 15 octobre, les organisateurs ont présenté 22 photographies illustrant les conséquences des explosions de mines et les histoires des personnes touchées.
Cette initiative humanitaire a toutefois également servi de tribune à de graves accusations contre l’Arménie.
Les organisateurs ont affirmé qu’Erevan continuait de dissimuler les cartes précises des zones minées, ce qui aurait, selon eux, causé la mort d’environ 500 personnes depuis la fin de la guerre.
Cette affirmation contredit pourtant les chiffres officiels azerbaïdjanais eux-mêmes. En septembre 2026, l’Agence nationale azerbaïdjanaise de déminage, ANAMA, indiquait que 437 personnes avaient été tuées ou blessées par des explosions de mines depuis novembre 2020. De plus, aucune source indépendante n’a confirmé que l’ensemble de ces incidents résultait directement de l’inexactitude présumée des cartes fournies par l’Arménie.
Erevan a, pour sa part, démenti à plusieurs reprises l’accusation de dissimulation délibérée des cartes. Selon le ministère arménien des Affaires étrangères, 972 relevés de zones minées ont été remis à Bakou dès 2021, puis des documents supplémentaires en 2024. La partie arménienne s’est également déclarée prête à en vérifier l’exactitude avec la participation d’experts internationaux.
L’origine du financement des expositions mérite également d’être relevée. En 2026, le club Gilavar a reçu une subvention dans le cadre d’un programme conjoint de l’Agence de soutien public aux organisations non gouvernementales d’Azerbaïdjan et du Fonds de renaissance du Karabakh, en coopération avec l’ANAMA.
Ainsi, malgré le caractère « non gouvernemental » de l’initiative, sa tournée européenne est financée avec le soutien d’institutions publiques azerbaïdjanaises.
Le danger des mines constitue un problème humanitaire incontestable. Mais ces expositions organisées en Europe servent également les objectifs politiques de Bakou, en diffusant auprès de la communauté internationale les accusations visant l’Arménie, tandis que les explications de la partie arménienne sont exclues du récit présenté.
