COP17 à Erevan : les écologistes arméniens dénoncent les contradictions du gouvernement
Le mont Amulsar, où l'exploitation d'une mine d'or suscite depuis plusieurs années l'opposition d'organisations écologistes.
Alors que l’Arménie accueille du 19 au 30 octobre la COP 17, plusieurs organisations de défense de l’environnement dénoncent les contradictions entre les engagements écologiques du gouvernement et sa politique en matière d’exploitation minière. Dans une déclaration publiée le 18 octobre, à la veille de l’ouverture de la conférence, elles ont notamment exprimé leur opposition au lancement de l’exploitation de la mine d’or d’Amulsar.
Comme nous l’évoquions dans notre édition du 11 octobre, le Premier ministre Nikol Pachinian avait participé, la veille, à la cérémonie marquant le lancement officiel de l’exploitation de cette mine, située dans la région du Vayots Dzor. Le projet, longtemps retardé en raison de la mobilisation des habitants et des organisations écologistes, demeure controversé, notamment en raison des risques qu’il pourrait faire peser sur les ressources en eau et les écosystèmes environnants.
Dans leur déclaration adressée aux participants de la COP17, 24 organisations et initiatives de la société civile critiquent une décision qu’elles estiment incompatible avec les engagements internationaux de l’Arménie en matière de protection de la biodiversité. Elles mettent notamment en garde contre les conséquences potentielles de l’exploitation minière sur les sources de Djermuk, le réservoir de Ketchout et les milieux naturels de la région. Les signataires dénoncent également les pressions auxquelles seraient confrontés certains défenseurs de l’environnement et appellent à une meilleure prise en compte des préoccupations de la population locale.
Le 19 octobre, des militants écologistes se sont également rassemblés à Erevan, à proximité des espaces accueillant les événements publics de la COP17, afin de protester contre l’exploitation d’Amulsar et d’attirer l’attention des participants internationaux sur cette question.
Ces mobilisations interviennent alors que le gouvernement arménien entend faire de l’accueil de la COP17 une occasion de réaffirmer son engagement en faveur de la protection de la nature. La conférence doit notamment permettre d’évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption, en 2022, du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, qui prévoit, entre autres objectifs, la protection de 30 % des terres et des mers de la planète d’ici à 2030.
Pour les organisations écologistes arméniennes, la tenue de ce sommet à Erevan soulève ainsi la question de la cohérence entre les engagements internationaux du pays et les décisions prises à l’échelle nationale. Elles appellent les participants à la conférence à porter leur attention sur les conséquences environnementales des projets miniers et sur la situation des défenseurs de l’environnement en Arménie.
