À Stepanavan, quatorze arrestations à quatre jours des élections municipales

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À quatre jours des élections municipales prévues le 25 octobre à Stepanavan, dans la région du Lori, quatorze personnes ont été arrêtées mercredi 21 octobre dans le cadre d’une enquête pour corruption électorale. Parmi elles figure Arsen Guevorguian, tête de liste du parti d’opposition « Arménie forte », dirigé par l’homme d’affaires Samvel Karapetian. Ces arrestations, accompagnées de perquisitions dans les locaux du parti, ont suscité de vives réactions au sein de l’opposition, qui dénonce une opération à caractère politique.

Selon le Comité anticorruption, l’enquête ouverte à la suite d’informations recueillies par le Service de sécurité nationale aurait permis d’établir que le candidat d’« Arménie forte », avec l’aide d’autres membres de sa liste et de représentants du parti, avait distribué de l’argent à plusieurs dizaines d’électeurs de la commune et des villages environnants, en échange de leur engagement à participer au scrutin et à voter pour sa formation.

Les enquêteurs affirment également avoir découvert les préparatifs de versements destinés à plus de trente autres électeurs. Des sommes auraient été mises de côté et des listes de bénéficiaires établies. Les quatorze personnes interpellées sont soupçonnées, à des degrés divers, d’avoir participé à la distribution, à l’organisation ou à la réception de ces paiements.

Le parti « Arménie forte » rejette ces accusations et considère les arrestations comme une tentative des autorités d’entraver sa campagne électorale. Plusieurs de ses représentants ont dénoncé une opération destinée à empêcher une victoire de l’opposition à Stepanavan. Dans un communiqué, la formation a appelé les habitants à ne pas céder à la peur et à se rendre aux urnes dimanche.

Ces arrestations interviennent dans un climat politique déjà tendu. La veille, plusieurs habitants de Stepanavan avaient affirmé avoir perdu leur emploi dans le secteur public à la suite des élections législatives de juin, en raison de leurs opinions politiques ou de leurs liens avec l’opposition. Nikol Pachinian a contesté ces témoignages, relayant les explications des employeurs concernés, selon lesquels les licenciements étaient motivés par des raisons disciplinaires.

Le recours aux procédures judiciaires dans le contexte électoral fait par ailleurs l’objet de critiques récurrentes de l’opposition. Dans un rapport publié le mois dernier, des observateurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avaient notamment relevé l’existence d’une perception d’application sélective de la loi.

À Stepanavan, quatre formations sont en lice pour le renouvellement du conseil municipal : le Contrat civil, parti au pouvoir, « Arménie forte », « République » et le Parti des hommes d’affaires. L’interpellation de la tête de liste de l’une des principales forces d’opposition, à quelques jours seulement du vote, vient ainsi perturber les derniers jours de la campagne.