Le conseiller principal d’Erdogan démis de ses fonctions après la polémique sur le voile en Azerbaïdjan
Oktay Saral, conseiller principal du président turc Recep Tayyip Erdogan, a été démis de ses fonctions après avoir critiqué les restrictions sur le port du voile dans les écoles azerbaïdjanaises et suscité le mécontentement des autorités de Bakou.
Dans un entretien avec le quotidien turc Nefes, Saral a confirmé que la décision avait été prise par le président Erdogan et lui avait été communiquée le samedi 24 octobre. Il a jugé naturel que de telles décisions soient prises, soulignant notamment l’importance des relations stratégiques entre la Turquie et l’Azerbaïdjan.
Lundi 26 octobre, Saral a annoncé dans une déclaration écrite avoir présenté sa démission du poste qu’il occupait depuis 2016. Il a souligné que les fonctions et les titres étaient temporaires, tandis que la fidélité aux principes demeurait essentielle. Il a également assuré qu’il continuerait de soutenir Erdogan. La présidence turque n’a fourni aucune explication officielle sur les raisons de son départ.
La polémique avait éclaté après l’adoption de nouvelles règles concernant la tenue vestimentaire des élèves et des enseignants dans les écoles azerbaïdjanaises. Celles-ci interdisent le port de vêtements supplémentaires considérés comme contraires à l’uniformité de la tenue scolaire et au principe de laïcité de l’enseignement. Ces restrictions avaient suscité une vague de protestations dans les milieux religieux et conservateurs turcs.
Le 12 octobre, Saral avait critiqué la décision de Bakou sur le réseau social X, jugeant inacceptable d’entraver le droit à l’éducation des élèves portant le voile et demandant une révision des restrictions.
En réponse aux critiques venues de Turquie, les autorités azerbaïdjanaises avaient interdit l’entrée sur leur territoire à 31 citoyens turcs. Parmi eux figurent Fatih Erbakan, président du parti Yeniden Refah, et Ömer Faruk Gergerlioğlu, député du parti DEM. Bakou avait justifié cette décision par des propos dirigés contre la souveraineté, l’ordre constitutionnel et la sécurité nationale de l’Azerbaïdjan, ainsi que par des déclarations incitant à la haine religieuse.
Fatih Erbakan a critiqué le limogeage de Saral, accusant Erdogan d’avoir sacrifié son conseiller principal pour répondre à une exigence du président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée quant à une demande de Bakou visant à obtenir le départ de Saral.
