« Lettres de Paris » : Vardan Petrossian, entre nostalgie et éternel retour

Վարդան Պետրոսեան

Dans son troisième livre, Lettres de Paris (« Նամակներ Փարիզից »), l’acteur, peintre et auteur arménien Vardan Petrossian retrace douze années de sa vie, au fil d’une correspondance où se mêlent la nostalgie de l’exil, les épreuves personnelles et un attachement indéfectible à sa patrie.

C’est dans les années 1990, alors que l’Arménie traverse une profonde crise économique et sociale, que Vardan Petrossian quitte son pays pour s’installer à Paris. Aux difficultés de cette époque s’ajoutent des tourments personnels et une période de doute artistique qui le poussent à chercher ailleurs un nouvel horizon.

En France, il trouve un accueil chaleureux, de nouvelles perspectives professionnelles et l’occasion d’enrichir son expérience humaine et artistique. Mais ni les rencontres ni les succès ne parviennent à apaiser le manque de sa terre natale et de ses proches. De cette nostalgie naissent de longues lettres adressées à sa famille et à ses amis, dans lesquelles il confie ses pensées, ses émotions et les échos de sa vie parisienne.

Dans un entretien accordé à Armenpress, l’artiste décrit son départ comme une fuite devant lui-même, devenue paradoxalement un éternel retour. Car tout ce qu’il a appris, vécu et acquis loin de l’Arménie, il n’a cessé de vouloir le partager avec son pays et ceux qu’il aime.

La publication de cet ouvrage doit beaucoup à sa sœur, Achkhen, qui a entrepris le patient travail de réunir, relire et sélectionner cette abondante correspondance. Certains passages, jugés trop intimes, ont été volontairement écartés afin de préserver ce qui relève exclusivement de la vie familiale.

Le livre contient également plusieurs chansons composées et interprétées en français par Vardan Petrossian, que les lecteurs peuvent écouter grâce à des codes QR.

Plus qu’un recueil de souvenirs, Lettres de Paris prend ainsi la forme d’une confession intime. L’artiste y évoque la douleur de la séparation, le sentiment de culpabilité éprouvé loin de son fils, mais aussi cette volonté de surmonter les épreuves et de puiser dans la création la force de poursuivre son chemin.

Au-delà du destin personnel de Vardan Petrossian, ces lettres racontent celui de toute une génération : celle des Arméniens qui ont quitté leur patrie sans jamais cesser, au plus profond d’eux-mêmes, d’y appartenir.