Moscou va participer à la modernisation des installations militaires azerbaïdjanaises
La Russie et l’Azerbaïdjan ont conclu un accord portant sur la construction et la modernisation d’installations destinées à l’entretien et à la réparation des véhicules blindés de l’armée azerbaïdjanaise.
L’annonce a été faite le 1er novembre par Dmitri Chougaïev, directeur du Service fédéral russe de coopération militaro-technique. Des spécialistes russes participeront à la construction de nouveaux centres de maintenance et à la modernisation des installations existantes.
Cet accord prolonge une coopération militaire ancienne. Le 22 février 2022, deux jours avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Vladimir Poutine et Ilham Aliev avaient signé une déclaration de coopération alliée, comprenant notamment un volet militaro-technique.
La Russie a longtemps figuré parmi les principaux fournisseurs d’armements de l’Azerbaïdjan. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), elle représentait 60 % des importations azerbaïdjanaises d’armements majeurs entre 2011 et 2020. Une partie de ces équipements a été utilisée lors de la guerre du Haut-Karabakh, en 2020.
La nouvelle coopération dépasse la simple vente d’armes. En contribuant à l’entretien et à la modernisation du matériel blindé azerbaïdjanais, Moscou entend conserver une place dans le dispositif militaire de Bakou, notamment grâce à la fourniture de pièces détachées, de technologies et de services spécialisés.
Cette initiative intervient alors que les exportations russes d’armements ont fortement reculé. Selon les chiffres publiés par le SIPRI en 2026, leur volume a diminué de 64 % entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025.
De son côté, l’Azerbaïdjan poursuit la diversification de ses partenariats militaires, entretenant des liens étroits avec la Turquie et Israël tout en conservant une coopération technique avec la Russie.
Dans son analyse, le journaliste Aram Amatouni estime que Moscou cherche ainsi à préserver son influence dans le Caucase du Sud, tandis que Bakou renforce ses capacités militaires et élargit sa marge de manœuvre diplomatique.
Cette évolution intervient parallèlement au processus de paix arméno-azerbaïdjanais. Le 8 août 2025, à Washington, les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient paraphé le texte d’un accord de paix, dont la signature définitive et la ratification nécessitent encore de nouvelles étapes.
Pour Aram Amatouni, ces développements rappellent la nécessité, pour l’Arménie, de renforcer ses propres capacités de défense, de diversifier ses fournisseurs d’armements et d’obtenir des garanties fiables pour l’application des engagements de paix.
La consolidation de la paix ne saurait, selon lui, être dissociée de la sécurité et de la capacité de l’Arménie à mener une politique indépendante.
