Le discours d’Ararat Mirzoyan à l’APCE centré sur la défense de la démocratie

Միրզօ

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, est intervenu le 28 janvier lors de la session d’hiver de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Son allocution a mis l’accent sur les acquis démocratiques de l’Arménie ainsi que sur les menaces existantes, un discours qui a suscité de vives critiques de la part de l’opposition sur le plan intérieur.

Les « ennemis de la liberté » et les menaces hybrides 

Dans son intervention, le ministre Mirzoyan a souligné que l’Arménie ne faisait preuve d’aucune naïveté face aux réalités du monde contemporain. Il a noté que les « ennemis de la liberté » ne dorment pas et sont prêts à investir des millions de dollars dans des machines de propagande pour saper la souveraineté et la démocratie arméniennes. « Ils souhaitent nous ramener dans l’obscurité de l’autocratie, des conflits sans fin avec nos voisins et d’une souveraineté affaiblie », a déclaré M. Mirzoyan.

Répondant au délégué de la Roumanie concernant les pressions probables à l’approche des élections prévues en juin, le ministre a prédit une intensification des attaques hybrides, tout en assurant que l’Arménie a acquis une certaine « résilience » et qu’elle utilisera l’arsenal démocratique pour se défendre. Il a appelé le Conseil de l’Europe à se tenir aux côtés de la démocratie arménienne.

Retour sur la révolution de 2018 

M. Mirzoyan a rappelé les événements de 2018, les qualifiant de tournant décisif où le peuple a rejeté la corruption et l’oligarchie. Il a affirmé que le peuple arménien a prouvé sa capacité à choisir son destin et qu’il mérite mieux : des élections justes, une gouvernance transparente et la justice sociale. Le ministre a cité les rapports d’organisations internationales prestigieuses (Freedom House, Transparency International) qui attestent des progrès de l’Arménie.

La réaction de l’opposition : « Une honte » 

Le député de la faction « Arménie » (Hayastan) à l’Assemblée nationale, Arthur Khatchatrian, a sévèrement critiqué le discours de Mirzoyan, le qualifiant de « honte ». Khachatrian s’est indigné du fait qu’en évoquant les « agitations séditieuses des ennemis de la liberté » et les « conflits sans fin avec les voisins », le ministre ait de facto blanchi l’Azerbaïdjan, voire les crimes passés de la Turquie.

Selon le député, les formulations de Mirzoyan donnent l’impression que ce n’est pas l’Azerbaïdjan qui a vidé le Nakhitchevan et l’Artsakh de leur population arménienne, ni organisé les massacres et le blocus, mais des « ennemis de la liberté » indéfinis. « Il en ressort que les autorités azerbaïdjanaises sont très bien… ce sont les ennemis de la liberté qui ont fait tout cela », a ironisé Khatchatrian.