POINT DE VUE – Fallait-il se rendre à Davos ?

l-PzCN9kJVMP

La mise en place d’une organisation, assez étrange, appelée le Conseil de la paix, a été annoncée triomphalement par Donald Trump, en marge du forum de Davos (Suisse), le 22 janvier. 27 pays dits fondateurs, dont 17 musulmans, comme l’Indonésie, la Turquie, le Pakistan … (8 pays arabes : Egypte, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, …), ont répondu favorablement à l’invitation du président américain qui avait lancé cette idée quelques mois auparavant. Les pays membres de l’UE (Union européenne) à l’exception de la Hongrie et de la Bulgarie, ont refusé d’en faire partie, tandis que les principaux membres du groupe BRICS (Russie, Inde, Chine) se sont abstenus d’y répondre.  

Le sujet aurait été traité normalement par les médias arméniens, et peut-être dans un coin d’une page intérieure, si l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’avaient pas fait leur entrée dans cette organisation. 

En effet, l’opposition pro-Kremlin hurle une fois de plus, rejointe en cela par la presse qui lui est inféodée, que l’Arménie est entrée dans l’antre des détracteurs qui sont défavorables au pays. Au lieu de présenter des critiques basées sur une analyse sérieuse, elle a, comme à l’accoutumée, eu recours à la désinformation et la propagation de fausses nouvelles. Certains médias ont écrit que l’Arménie devrait payer la somme de 1 Md$ pour sa présence dans ce Conseil, un fardeau financier trop lourd pour un pays comme l’Arménie. Ils se gardent de dire que devront payer la somme en question ceux qui souhaitent un siège permanent c’est-à-dire pour une durée qui dépassera 3 ans. Or, le ministère des Affaires étrangères avait été très précis sur cette question. D’autres ont estimé que la présence de l’Arménie ne serait que contre-nature, etc. Les plus astucieux soi-disant versent des larmes de crocodile sur le sort de l’ONU qui devrait se fragiliser encore plus à cause de l’existence de ce Conseil et que l’Arménie, en y adhérant, participe à la décrédibilisation de cette instance internationale. Ils oublient de se rappeler leurs kyrielles de critiques au sujet de l’inaction de l’ONU dans le conflit du Haut-Karabakh. 

Ce genre de tollé artificiellement provoqué dans le cadre d’une campagne malveillante dont on peut aisément reconnaitre la provenance et l’objectif final propre à une période préélectorale, ne sert qu’à discréditer les autorités auprès de l’opinion publique. Une opinion publique qui, peu au fait des méandres des relations internationales en recomposition actuellement, serait plus encline à être manipulée au service des intérêts partisans.  

Au-delà de ces considérations, on peut se rendre compte qu’en tout état de cause, l’Arménie ne pouvait pas refuser l’invitation du président américain, alors que l’Azerbaïdjan y avait répondu favorablement. Il est indéniable que Donald Trump a joué un rôle important dans la relation ente Erevan et Bakou qui vient de prendre forme depuis le 8 août dernier, assurant à l’Arménie un état de non-guerre armée. Autrement dit, la déclaration de Washington a également vocation à réduire le risque d’un conflit militaire que Bakou pourrait tenter de déclencher. Etre absent au « show » de Trump à Davos, alors qu’Ilham Aliev, par sa présence remarquée, aurait profité pour montrer au président américain « qui le respecte et qui ne le fait pas », allait sûrement être très mal interprété, ce que Nikol Pachinian a voulu éviter.

Encore une fois, l’opposition en Arménie, sans doute téléguidée par l’extérieur, n’hésite pas à faire feu de tout bois, pourvu qu’elle arrive au pouvoir. 

Armand M.