PARIS – Célébration du 34e anniversaire de l’Armée de la République d’Arménie
Ce mercredi 4 février, les salons prestigieux de l’Hôtel Le Maroi, à Paris, ont accueilli une réception empreinte de solennité et de vision stratégique. Autour de l’Ambassadeur de la République d’Arménie en France, Arman Khachatryan, un parterre d’invités de haut rang — sénateurs, députés, attachés de défense et représentants de la communauté — s’est réuni pour commémorer le 34e anniversaire de la création des Forces armées arméniennes. Dans une allocution mêlant hommage historique et actualité diplomatique, l’ambassadeur a rappelé que l’armée arménienne, née dans l’urgence des « menaces existentielles » de 1992, est aujourd’hui le garant de la souveraineté d’un État en pleine mutation.

Le discours de S.E. Arman Khachatryan
« Mesdames et Messieurs les sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés, Excellence, Messieurs les attachés de défense, Mesdames et Messieurs les élus, Messeigneurs, pasteurs, Serbazan Hayr, Mesdames et Messieurs, chers amis de l’Arménie, chers compatriotes.
C’est un honneur tout particulier pour moi de vous accueillir ce soir à l’occasion du 34e anniversaire de la journée de l’armée de la République d’Arménie, célébrée le 28 janvier.
Permettez-moi avant toute chose d’adresser mes félicitations les plus sincères à nos soldats, à nos officiers, à l’ensemble du personnel des forces armées arméniennes, ainsi qu’à leurs familles. Leur engagement, souvent silencieux et toujours exigeant, est au cœur de la sécurité et de la souveraineté de notre État. Je souhaite également rendre hommage à la mémoire de celles et de ceux qui ont fait le sacrifice suprême pour cette noble cause. À cet égard, je rappelle que le 27 janvier est consacré en Arménie à la journée du souvenir des personnes tombées pour la défense de la patrie.
Depuis sa création en 1992, l’armée arménienne n’a jamais été une institution abstraite. Elle est née dans des circonstances tragiques, dans un environnement de menaces existentielles, et s’est progressivement affirmée comme l’un des piliers fondamentaux de l’État arménien, de sa résilience et de sa continuité historique.
En paraphrasant une célèbre formule de Raymond Aron, on peut dire que le diplomate et le soldat incarnent les deux symboles de l’action extérieure de l’État. Ils servent l’État, mais dans deux registres différents : l’un vise à éviter la guerre, l’autre doit être prêt à y faire face. Cette réflexion demeure d’une actualité frappante. Elle nous rappelle que la diplomatie ne peut être crédible que si elle repose sur une capacité de défense réelle, et que la force militaire n’a de sens que lorsqu’elle s’inscrit dans une vision politique et juridique claire.
Or, nous traversons aujourd’hui une période de profond désordre international. Les normes sont contestées, les équilibres fragilisés, l’usage de la force tend trop souvent à se substituer au droit. Dans ce contexte de brutalisation du monde, le droit international n’est pas un luxe moral mais une nécessité stratégique. Pour l’Arménie, le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières est non négociable, car ils constituent le fondement de la stabilité internationale.
C’est dans cette perspective que l’Arménie a engagé une réforme profonde et structurelle de ses forces armées. Celle-ci a pour objectif de bâtir une armée moderne, professionnelle et responsable, dotée d’une capacité de dissuasion crédible, tout en étant pleinement intégrée dans un cadre démocratique, avec un contrôle civil effectif et une culture stratégique renouvelée.
Mesdames et Messieurs, dans cette démarche, le rôle de nos partenaires est essentiel. Je voudrais à cet égard évoquer les relations étroites entre l’Arménie et la France, ancrées dans une longue histoire de solidarité et d’amitié, et qui ont aujourd’hui franchi un seuil décisif pour acquérir une dimension pleinement stratégique.
Ces dernières années, le peuple arménien a traversé de graves défis sécuritaires et humanitaires. Dans cette période extrêmement difficile, l’Arménie et le peuple arménien ont ressenti de manière constante l’amitié, la solidarité exceptionnelle et le soutien résolu de la France. Je souhaite souligner la qualité et la profondeur de la coopération de défense entre l’Arménie et la France. Elle repose sur une confiance, sur des valeurs partagées, ainsi que sur une compréhension lucide des enjeux de sécurité contemporains.
Je tiens à exprimer notre profonde gratitude au président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron, pour son soutien constant, ainsi qu’au ministère des Armées pour son engagement déterminé. De même, l’Arménie apprécie le soutien de la France aux efforts en faveur d’une paix durable dans le Caucase du Sud. Notre objectif est de parvenir à une paix fondée sur le droit et la reconnaissance mutuelle de la souveraineté.
Le 8 août 2025 à Washington, sous les auspices du Président des États-Unis, le Premier ministre de l’Arménie et le Président de l’Azerbaïdjan ont adopté une déclaration conjointe ouvrant la voie à une nouvelle ère de coexistence pacifique. Les dirigeants ont également approuvé le lancement de la « Route Trump » pour la paix et la prospérité internationale, inspirée du projet arménien du « Carrefour de la Paix ». Le 14 janvier dernier, l’Arménie et les États-Unis ont annoncé le cadre de mise en œuvre du processus de paix.
Certes, des questions humanitaires urgentes demeurent, notamment la libération des prisonniers arméniens toujours détenus à Bakou. La récente libération de quatre d’entre eux est une évolution positive qui doit être poursuivie.
Pour conclure, je souhaite saluer chaleureusement la communauté arménienne de France pour son engagement et son rôle essentiel dans la transmission de la mémoire. En cette journée de l’armée, nous ne glorifions pas la guerre ; nous réaffirmons que la paix durable exige préparation et solidarité.
Je vous remercie pour votre présence et votre amitié. Vive l’armée arménienne ! Vive l’amitié franco-arménienne ! Merci. »
