La reconstruction de l’Ukraine coûtera 588 milliards de dollars sur 10 ans

համաշխարհային դրամատուն

Selon les évaluations conjointes de la Banque mondiale, des Nations Unies, de la Commission européenne et du gouvernement ukrainien, publiées à la veille du quatrième anniversaire du début de la guerre, la relance de l’économie ukrainienne au cours de la prochaine décennie coûtera environ 588 milliards de dollars américains.

Cette nouvelle estimation couvre la période allant du 24 février 2022 au 31 décembre 2025 et représente une augmentation de 12 % par rapport au chiffre de l’année précédente. Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation de 21 % du volume des infrastructures énergétiques endommagées ou détruites au cours de l’année écoulée.

Par ailleurs, ces calculs n’incluent pas les données relatives aux attaques massives menées par la Russie contre les installations énergétiques de l’Ukraine en janvier et février 2026, qui ont privé des dizaines de milliers de résidents de chauffage, d’électricité et d’approvisionnement en eau lors de l’un des hivers les plus froids de ces dernières décennies.

Des dommages directs s’élevant à 195 milliards de dollars

Selon le rapport, les dommages directs ont atteint 195 milliards de dollars, soit une hausse de près de 11 % par rapport à l’estimation précédente. Les infrastructures résidentielles, de transport et énergétiques ont été les plus durement touchées. C’est le double des estimations du premier rapport publié en 2022.

« Les dégâts sont colossaux et continuent de s’alourdir », note le document. L’essentiel des dommages est concentré dans les régions proches du front et dans les grandes villes, y compris la capitale, Kiev.

La guerre, qui entre cette semaine dans sa cinquième année, a provoqué la plus grande crise migratoire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. En date de décembre 2025, plus de 6 millions de réfugiés ukrainiens se trouvent à l’étranger, et l’on compte également 4,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Les répercussions économiques demeurent sévères : le PIB (Produit Intérieur Brut) réel de l’Ukraine est actuellement inférieur de 21 % à son niveau de 2021. Si la guerre se poursuit, la croissance économique en 2026 est projetée à environ 2 %. Si un cessez-le-feu est conclu d’ici la fin de l’année, la croissance pourrait s’accélérer pour atteindre 4 % en 2027 et 4,5 % en 2028.

Les secteurs les plus touchés

Le secteur du logement a subi les pertes les plus importantes : environ 14 % du parc immobilier a été endommagé ou détruit, ce qui représente environ 61 milliards de dollars.

Les infrastructures de transport, y compris les chemins de fer, ont subi des dommages évalués à 40,3 milliards de dollars. Le secteur de l’énergie a perdu environ 25 milliards de dollars ; dans certaines régions, les coupures d’électricité ont atteint 18 heures par jour.

Les pertes socio-économiques sont estimées à 667 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport à l’estimation de l’année dernière. Elles reflètent le déclin prolongé de l’activité commerciale, la perte d’emplois et les perturbations des services publics.

Le gouvernement ukrainien a d’ores et déjà alloué environ 15,25 milliards de dollars aux programmes de reconstruction d’ici 2026. Depuis le début de la guerre, 20,3 milliards de dollars ont été consacrés aux réparations d’urgence.

Les auteurs du rapport soulignent que jusqu’à 40 % des besoins de reconstruction pourraient être couverts par le secteur privé, à condition que des réformes soient menées pour attirer les investissements dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et du tourisme.

Le document indique que l’ancien modèle économique de l’Ukraine, caractérisé par une faible compétitivité, un secteur privé restreint et un rôle prépondérant de l’État, ne sera pas en mesure d’assurer la dynamique de croissance nécessaire.

Le coordinateur humanitaire de l’ONU, Matthias Schmale, a souligné que le capital humain reste le principal moteur du redressement : le retour des réfugiés, la réintégration des anciens combattants et l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail.

Selon les données de l’ONU, le pays compte aujourd’hui 2,4 millions d’enfants de moins qu’avant la guerre.