A  propos de Khodjaly et de  la version azerbaïdjanaise des  faits

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Vahram Atanessian

Vahram ATANESSIAN

Le 26  février 2026

Quelques jours après les événements de Khodjaly, très précisément le 2 mars 1992, un train sanitaire spécial du ministère de la Santé d’Azerbaïdjan a été dépêché à Aghdam. Le 5 mars, la commission dirigée par le professeur Yusufov, expert médico-légal en chef du ministère de la Justice d’Azerbaïdjan, avait examiné 181 corps, dont 130 hommes et 51 femmes.

Selon les  informations officielles du service médico-légal, vingt personnes étaient mortes des suites de blessures par éclats d’obus, cent cinquante et une personnes avaient reçu des coups mortels par balle et dix personnes étaient mortes des suites de coups portés par des objets contondants.

La décision de soumettre les corps à un examen médico-légal avait été prise par Mikayilov, l’enquêteur principal du Département interdistricts du Karabakh du Bureau du procureur général d’Azerbaïdjan. Son ordre stipulait « 184 corps sont envoyés pour examen médico-légal ». On ignore si Mikayilov a commis une erreur, ou si trois corps n’ont pas été examinés. La propagande azerbaïdjanaise fait état de 613 victimes « sauvagement assassinées ». L’écart de plus du triple entre les chiffres officiels et ceux de la propagande prouve que le récit de Bakou concernant les événements de Khodjaly est non seulement totalement faux, mais qu’il relève également d’une machination politique.

Malheureusement, durant les presque trois décennies qui ont précédé la « Guerre des quarante-quatre jours », ni les autorités d’Arménie, ni celles du Haut-Karabakh, n’ont pris de mesures pour présenter et internationaliser cette machination azerbaïdjanaise de Khodjaly.

Au stade actuel de la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les spéculations de Bakou sur le sujet ne témoignent pas d’une volonté constructive de l’Azerbaïdjan. Par conséquent, sur cette question comme sur toutes les autres, les parties doivent, soit parvenir à un accord sur un moratoire sur l’information et la propagande, soit la communauté des experts arméniens, la presse et surtout les organisations de défense des droits de l’homme, le Défenseur des droits de l’homme et d’autres structures doivent leur répondre en contrebalançant leurs assertions.

Qui plus est, cette affaire n’a strictement aucun lien avec les massacres d’Arméniens de Soumgaït. 

Ce sont deux affaires qui ne sont aucunement liées.