Moscou critique le discours de Pachinian au Parlement européen

Զախ

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a vivement réagi au discours prononcé par le Premier ministre Nikol Pachinian devant le Parlement européen, critiquant plusieurs de ses déclarations et raillant certaines de ses formulations.

Lors d’un point presse, Mme Zakharova a exprimé sa perplexité face aux allusions de M. Pachinian concernant de « pays tiers » et à sa mention d’anciens agents du Comité de sécurité de l’État (KGB) infiltrés dans les rangs du clergé. Elle a demandé avec ironie à quel pays tiers ou à quels agents le Premier ministre faisait allusion, allant jusqu’à se demander si le propos visait Monsieur Aliev.

La porte-parole a souligné qu’il s’agissait vraisemblablement de membres du clergé qui refusent de se soumettre au Premier ministre ou qui tentent de « le ramener à la raison », ce que Nikol Pachinian présente comme un sacrifice de l’indépendance de l’Arménie au profit de pays tiers.

Dans ce même contexte, Maria Zakharova a également abordé les déclarations de M. Pachinian concernant l’orientation européenne du développement de l’Arménie. Elle a rappelé les propos tenus par le Premier ministre le 11 mars à Strasbourg, selon lesquels le pays serait de toute façon gagnant, même s’il n’adhérait pas à l’Union européenne (UE). « À mon sens, quelqu’un qui déclare que « qu’on soit admis dans l’UE ou non, c’est une victoire », fait partie de ces personnes qui, en général, ne gagnent qu’en jouant aux échecs contre elles-mêmes », a ironisé la représentante officielle de Moscou.

Mme Zakharova a pointé du doigt les difficultés économiques de l’UE, citant notamment la baisse de la production industrielle, l’augmentation de la dette publique, la crise migratoire et les prix élevés de l’énergie. Elle a jugé étrange l’ambition d’Erevan d’adopter des normes européennes à l’élaboration desquelles l’Arménie ne participe pas. En contraste, elle a souligné qu’au sein de l’Union économique eurasiatique (UEE) et de la CEI, l’Arménie est un acteur à part entière dans le processus décisionnel.

Selon la représentante russe, l’économie arménienne, qui a enregistré une croissance de 7 à 7,2 % l’année dernière, est étroitement liée à ses relations commerciales et économiques avec l’UEE. Moscou est convaincu qu’une participation simultanée aux processus d’intégration européen et eurasiatique est totalement impossible.

« Cela n’a rien à voir avec une quelconque évaluation politique : c’est une question qui relève de la décision souveraine de l’Arménie. Il s’agit simplement d’un constat factuel. J’espère que les dirigeants arméniens continueront de respecter leurs engagements dans le cadre de l’UEE, ou qu’ils clarifieront expressément leur position », a conclu Mme Zakharova.