La commémoration du 24 avril à Paris
Elle s’est transformée en une manifestation massive de solidarité avec les otages arméniens de Bakou
Le vendredi 24 avril, la commémoration du 111e anniversaire du génocide arménien à Paris a pris une dimension particulière, étant entièrement dédiée aux 19 otages arméniens illégalement détenus à Bakou.
Des milliers d’Arméniens et d’amis français se sont rassemblés sur la place de l’Arménie à Paris, autour de la statue de Komitas, pour rendre hommage aux martyrs de 1915. Le ruban jaune s’est imposé comme le symbole principal de l’événement de cette année. Tant les orateurs que les participants arboraient cet insigne, marquant ainsi l’exigence impérieuse de la libération des prisonniers.

De hautes personnalités politiques et étatiques françaises ont assisté à la cérémonie, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, le président du groupe UDI au Sénat Hervé Marseille et le maire de Paris Emmanuel Grégoire. Le gouvernement français était représenté par Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.


Des gerbes officielles ont été déposées par le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF), le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et d’autres structures. L’ambassadeur d’Arménie en France, Arman Khachatryan, et le représentant de l’Artsakh, Hovhannes Gevorkian, ainsi que des représentants des communautés grecque, chypriote et kurde, ont également pris part à l’événement.


Les intervenants ont indissociablement lié la mémoire du Génocide aux défis actuels auxquels la nation arménienne est confrontée. Le maire Grégoire a promis de poser, d’ici la fin de l’année, la « première pierre » de la « Maison de l’Arménie » à Paris, un projet initié par l’ancienne maire Anne Hidalgo, et de déployer les portraits des prisonniers détenus à Bakou sur le parvis de l’Hôtel de Ville. De leur côté, les coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, ont souligné la nécessité d’intensifier la pression internationale afin de sauver les otages au plus vite. Le ministre Berger a également réaffirmé le soutien indéfectible de Paris à l’Arménie, associant les questions de droits de l’homme et de sécurité au devoir de mémoire.

Après la partie officielle de la commémoration, la foule nombreuse a participé à une marche de protestation. Des milliers d’Arméniens se sont dirigés vers les Champs-Élysées, en direction du consulat de Turquie. Les manifestants ont scandé des slogans condamnant le négationnisme d’Ankara et réclamant justice, exhibant à nouveau les rubans jaunes et prouvant que la Cause arménienne, 111 ans plus tard, demeure vivante et indissociable du combat actuel pour la libération des otages.

Il convient également de noter que, contrairement à la pluie et à la tempête devenues une « tradition » les années précédentes, la météo avait décidé cette année d’illuminer la commémoration parisienne d’avril de ses chauds rayons de soleil, offrant un ciel dégagé à la capitale.
