Entretien avec Chakè Matossian 

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Entretien avec Chakè Matossian, philosophe et universitaire spécialiste des liens
entre l’esthétique et les arts visuels

Chakè Matossian possède des racines familiales singulières qui ont nourri son parcours intellectuel. Par sa mère, elle est intimement liée à l’âge d’or de la presse arménienne de Constantinople du début du XXe siècle, son grand-oncle étant Souren Chamlian, le fondateur du quotidien Marmara. Par son père, elle se est issue d’une grande lignée arménienne d’Égypte, fondatrice d’une célèbre manufacture de cigarettes. Sur le plan académique, elle a obtenu un master en philosophie à l’Université Libre de Bruxelles et un doctorat en théorie de la communication, à l’Universidade Nova de Lisboa, au Portugal, où elle a enseigné pendant dix ans.

Sa carrière de professeur  s’est ensuite déployée entre la péninsule ibérique et la Belgique. Après Lisbonne, elle a enseigné  à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles jusqu’en 2015, institution dont elle est aujourd’hui professeure honoraire.

Au cœur de ses recherches, elle explore la manière dont la pensée philosophique s’entrelace avec les arts visuels, la littérature et la représentation de l’espace public. Ses travaux jettent une lumière nouvelle sur des penseurs et des créateurs d’horizons très variés, allant de Jules Michelet et Søren Kierkegaard à Gustave Courbet et Proudhon, en passant par les maîtres de la Renaissance et Jean-Jacques Rousseau.

Reconnue sur la scène intellectuelle internationale, elle a notamment été invitée au prestigieux Collège de France par le professeur Carlo Ossola. Ses conférences y ont porté sur des sujets d’une grande originalité, tels que les autoportraits en Arménie de Léonard de Vinci et d’Albrecht Dürer l, ou encore la question de l’invisible comme présence à travers l’analyse du « Séducteur » chez Kierkegaard, de même que sur l’oeuvre de Jurgis Baltrusaitis.

Auteure de nombreux essais remarqués (dont la bibliographie figure à l’issue de cet entretien), Chakè Matossian est aussi une figure familière et précieuse pour nos lecteurs. Depuis plusieurs années, c’est en effet avec une grande fidélité qu’elle enrichit les colonnes de notre journal, y livrant chaque semaine de lumineuses recensions consacrées aux ouvrages de référence, aux publications nouvelles. Un engagement au service de la presse arménienne qui s’inscrit d’ailleurs dans la durée : avant de nous faire cet honneur, elle a longuement prêté sa plume éclairée au quotidien historique Haratch, y signant de très nombreux articles depuis les années 1990 jusqu’à sa fermeture.

C’est donc à la rencontre d’une intellectuelle d’exception que nous vous convions aujourd’hui. Une penseuse ancrée dans une histoire diasporique foisonnante et forte d’une carrière académique européenne de haut vol, dont la singularité réside dans cette capacité unique à faire dialoguer la philosophie avec les arts et la représentation de l’espace public, tout en tirant, avec une rare érudition, un fil arménien insoupçonné chez les grands maîtres occidentaux.

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« Nor Haratch » – Votre histoire familiale est marquée par le journalisme arménien à Constantinople et l’industrie en Égypte. Dans quelle mesure cet héritage cosmopolite et diasporique a-t-il façonné votre regard de philosophe et votre sensibilité à l’esthétique ? 

Chakè Matossian – Mes grands-parents maternels ont été mes piliers ; durant mon enfance beaucoup d’étudiants venus du Liban se trouvaient chez eux, c’est ma grand-mère qui m’a appris l’alphabet arménien. Marmara arrivait par la poste ainsi qu’Haratch. La photo de Tehlirian se trouvait sous le verre d’une table de salon. Mes grands-parents, amis de Schavarche Missakian, étaient des personnes engagées avec la fierté d’être Arméniens. Quand au côté paternel, je n’ai connu personne car mon père était orphelin à l’âge de dix ans. C’était donc un imaginaire égyptien qui faisait son chemin depuis l’enfance et qui m’a probablement servi dans mon approche de Jurgis Baltrusaitis qui a fait l’objet d’une conférence au Collège de France il y a quelques années. 

« NH » – Vous avez enseigné la philosophie et l’esthétique pendant de nombreuses années, notamment à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Qu’est-ce que le contact quotidien avec de jeunes artistes en formation a apporté à votre propre pensée philosophique ? 

Ch. M. – À ma pensée philosophie pratiquement rien puisqu’ils ne sont pas philosophes, ceux qui apportent ce sont les maîtres et, dans mon cas, Marc Richir et Jean Paumen. Je pense que les étudiants apportent de nouvelles façons de poser des questions, que dans le cas des étudiants en art, l’imagination sert à ouvrir de nouvelles perspectives. Mais je n’aime pas cette idée du « copinage » étudiant / prof, c’est nous qui sommes là pour leur ouvrir des portes. Cela ne veut pas dire que les étudiants n’apportent rien, bien au contraire, ils peuvent nous stimuler mais il ne faut pas idéaliser ni faire croire à une pseudo égalité, un soi-disant « win win », une horizontalité et tous ces machins démagogiques. À la fin, c’est nous les profs qui donnons les points, il faut donc être clair sur les rapports que nous avons et qui incluent, nécessairement une forme de pouvoir (accepté puisqu’ils veulent un diplôme).

« NH » – Tout au long de vos recherches, de Courbet à Léonard de Vinci, vous explorez l’entrelacement entre la philosophie et les arts visuels. Pour vous, l’art est-il une traduction visuelle de la philosophie, ou la philosophie a-t-elle toujours un temps de retard sur l’intuition de l’artiste ? 

Ch. M. – Je ne pense pas que l’art puisse être une « traduction » de la philosophie, ce serait dommage pour les arts qui se contenteraient ainsi d’illustrer des concepts. Je ne pense pas davantage que l’artiste travaille par « intuition » et qu’il faille de la vitesse, ce que tendrait à indiquer le terme « retard ». Toute pensée prend du temps, il faut ruminer, comme le voulait Nietzsche. Un artiste a un projet, il fait des ébauches, il réfléchit, il écrit, bref il travaille. Le philosophe aussi. Ils peuvent très bien se rencontrer, j’ai essayé de le montrer avec Proudhon et Courbet, Fernand Léger et Bergson, Kierkegaard et Duchamp. Un concept philosophique peut faire réfléchir un artiste dans sa création, tout comme une œuvre plastique peut faire penser un philosophe. Les arts, comme la philosophie, sont en relation avec la vie spirituelle de l’homme et aussi avec la base sensible de notre approche du monde comme l’indique le terme « Aisthesis » (d’où provient l’esthétique) signifie « sensibilité ». 

« NH » – Dans plusieurs de vos ouvrages remarqués, comme Des Admirables Secrets de l’Ararat ou Rousseau l’Arménien, vous mettez en lumière des liens insoupçonnés entre l’Arménie et des géants de la pensée ou de l’art occidental. D’où vient cette fascination de figures comme Rousseau, Dürer ou Léonard de Vinci pour l’Orient et l’Arménie en particulier ? »

Ch. M. – Ces livres correspondent à ce que j’ai toujours essayé de mettre en avant : l’image positive de l’Arménien au cours des siècles passés et qui a été effacée, oubliée, à cause du génocide. Beaucoup d’intellectuels arméniens se sont focalisés sur le génocide et le négationnisme, en passant leur temps à répondre au négationniste des gouvernements turcs ou azéris. Pour ma part (mais c’est personnel), je crois qu’il est important d’y répondre si on est juriste spécialisé dans les droits de l’homme ou historien mais que ces réponses non seulement  n’intéressent pas grand monde.  En outre, et surtout me semble-t-il,  c’est une façon, de la part de la Turquie ou de l’Azerbaijan, de perpétuer le génocide en obligeant les intellectuels arméniens contemporains à passer du temps à répondre à la distorsion de l’histoire qu’ils mettent en place. Pendant ce temps, on ne crée rien et l’énergie est perdue. Par ailleurs, le génocide a donné à l’Arménien une image de victime, or les victimes éveillent la pitié (au mieux) mais jamais l’admiration, ça ne devient jamais un modèle. Donc, j’ai voulu aller du coté où l’Arménien était un modèle et où l’Arménie était en lien avec le paradis. Cette image valorisée, admirée, éclaire le choix de Rousseau de s’habiller en Arménien, c’est un choix qui va dans le sens de la quête de Rousseau envers les origines (de la société, du langage, de l’éducation). L’Arménien était représenté dans la double fonction de commerçant (donc de communiquant, à la base de la communauté) et de religieux (le chrétien de l’origine). C’est par la recherche des origines qu’on doit comprendre l’adoption de l’habitat arménien chez Rousseau qui s’affirme authentiquement chrétien. Dans une optique similaire, j’ai analysé les autoportraits de Vinci en Arménie et d’Albrecht Dürer sur le mont Ararat. On voit Dürer déambuler parmi les Dix mille martyrs sur le Mont Ararat. C’est un tableau très étrange, fascinant qui m’a entraînée à étudier cette légende complètement oubliée des Dix mille martyrs sur le Mont Ararat et à répertorier les œuvres qui la représentent.  

« NH » – Dès 1996, vous publiiez Espace public et représentations. Aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux et de la saturation visuelle, comment regardez-vous l’évolution de notre espace public ? A-t-il perdu sa dimension esthétique ou politique ? 

Ch. M. – La représentation de l’espace public ne se perd pas mais change évidemment. L’idéologique a probablement pris une importance croissante au détriment d’une pensée politique. On revient toujours à la question du temps. Pour penser, il faut prendre le temps, analyser ce qui est en contradiction avec la temporalité des voies électroniques et des « réseaux » qui prônent la réaction instantanée et non l’analyse. En gros, la réaction se substitue à la réflexion, c’est plus facile évidemment. Et la mentalité binaire est alimentée aussi par la voie technologique. L’espace public a subi une modification énorme avec internet, puisque tout ce qui est institutionnel, tout ce qui vous concerne et dont vous avez besoin en tant que citoyen s’y trouve. Même si un Ministère occupe encore un bâtiment concret, en vérité tout se trouve dans la dimension virtuelle. Paul Vivilio a écrit des livres prophétiques sur ces questions. Quant à l’esthétique de l’espace public, elle diffère selon que l’on pense à l’espace matériel ou à l’espace virtuel. Disons que l’esthétique facile et kitsch du virtuel influence l’environnement matériel qui change aussi d’aspect en fonction des préoccupations écologiques. Et puis cela dépend aussi des contextes politiques, des pays, des villes, de la culture… on peut difficilement généraliser. Les guerres aussi altèrent l’espace public en effaçant l’histoire, en détruisant des monuments architecturaux, des sites antiques qui sont des repères pour les habitants et pour l’histoire de l’art…Nous sommes bien placés pour savoir qu’un génocide ne se contente pas de supprimer un peuple mais aussi tout son environnement, son architecture historique. En outre la perspective et la perception de l’espace public par une femme ne sera évidemment pas la même que celle d’un homme.

« NH » –  Dans votre livre Saturne et le Sphinx, vous abordez Proudhon, Courbet et ce que vous nommez « l’art justicier ». Aujourd’hui, on demande souvent à l’art d’être engagé ou de réparer les torts de la société. Pensez-vous que l’art doive nécessairement avoir une fonction de justice ? 

Ch. M. – L’art justicier, c’est de Proudhon, pas de moi ! Rien n’est plus ennuyeux que l’art engagé qui se veut tel et qui ne réussit qu’à présenter des produits « corrects » idéologiquement. Tout le monde n’est pas Courbet. Comme le dit Proudhon, l’art critique (celui de Courbet, entre autres ) est là pour faire réfléchir, pas pour divulguer des messages et proclamer des mots d’ordre ou des slogans. 

« NH » –  Votre dernier ouvrage explore la figure du Séducteur chez Kierkegaard, « invisible mais présent en esprit ». Qu’est-ce qui vous a poussée, philosophiquement et esthétiquement, à vous pencher sur ce personnage précis de la séduction aujourd’hui ?

Ch. M. – Ce n’est pas d’aujourd’hui. J’avais écrit sur le Séducteur de Kierkegaard il y a longtemps, en 1987. Je pensais faire ma thèse sur lui, mais je ne connais pas le danois, c’était donc à oublier. Je savais que c’était un auteur important et difficile, que je devrais y revenir. Son œuvre complète en français comporte 20 volumes et il y a aussi son Journal en deux volumes.  Il n’est pas franchement comique bien qu’il ait de l’humour.. J’ai essayé de montrer que la phase esthétique chez lui n’était pas du tout « inférieure » à la phase éthique, comme on le fait parfois croire, comme s’il y avait une gradation pour arriver au stade spirituel. Or, il y a une rupture totale, le stade religieux ou spirituel n’a rien à voir avec les deux autres et à tout prendre l’esthétique est mieux placée que l’éthique car le Séducteur (l’esthète) sait qu’il produit le simulacre du religieux tandis que l’homme de l’éthique pense accomplir le religieux et n’a rien compris. Bon, évidemment, je schématise un peu ici ! Chez le Séducteur, j’ai recherché les tactiques de communication, le rôle de l’invisible, du quasi imperceptible, des vibrations, des mouvements insignifiants par lesquels le Séducteur construit le piège dans lequel tombera la fiancée. C’est intéressant pour nous alerter quant aux pièges de la « séduction » (question soulevée par Platon et sa critique des sophistes, traitée magistralement par Etienne de la Boétie au XVIe siècle et par Jean Baudrillard au XXe). Et puis, Kierkegaard, c’est aussi le philosophe du paradoxe qui est un mode de pensée particulier.

« NH » –  Si l’on observe la constellation des figures que vous avez étudiées – Michelet, Courbet, Vinci, Rousseau, Kierkegaard –,
quel serait le fil invisible qui les relie tous dans votre esprit ? Quelle est la quête commune à toutes ces recherches ?

Ch. M. – Je ne crois pas qu’il y ait un fil invisible qui les relie, enfin moi je ne le vois pas tout de suite en tous cas!. Je n’ai pas travaillé sur Courbet en dehors de Proudhon ni sur Léonard de Vinci en dehors de ce moment « arménien ». Disons qu’il y a un fil qui rattache Rousseau, Michelet et Proudhon dans la mesure où ils s’interrogent sur les fondements  de la société et qu’ils apportent un élan révolutionnaire. Mais je ne les mets pas ensemble, Rousseau et Michelet sont des auteurs « de mon cœur » pour reprendre une expression de Deleuze. J’ai trouvé chez Michelet des sources philosophiques qui me sont chères comme celle d’Empédocle pour qui le monde est fait d’atomes dont le mouvement est dirigé par l’amitié (unité de la sphère) ou la discorde (division). Chez Michelet comme chez Rousseau, c’est aussi Montaigne qui reste présent, inséparable d’Etienne de La Boétie, l’auteur du Discours sur la servitude volontaire, un livre indépassable sur les fondements du pouvoir tyrannique.

« NH » –  Après la parution de votre ouvrage sur Kierkegaard en 2021, sur quoi se concentrent vos recherches actuelles ? Avez-vous de nouveaux projets éditoriaux ou académiques dont vous accepteriez de nous dire quelques mots ?

Ch. M. – Mon dernier travail portait sur un tableau de Rubens, Les Quatre fleuves du paradis et m’a permis de renouer avec un imaginaire égyptien et arménien, de retrouver une dimension arménienne secrète (deux des fleuves se trouvent en Arménie telle qu’elle est représentée à l’époque du peintre flamand), de réfléchir à la façon dont Rubens, génialement, construit matériellement son tableau en correspondance totale avec son sujet : le secret imprenable de la source des quatre fleuves. En peignant l’écaille (du crocodile) et la rayure (du tigre) il fait un tableau hypnotique et imprenable. Je voudrais partir de ce travail sur Rubens pour aborder les questions que ce tableau soulève, notamment la mise en forme de la force vitale (un paradoxe) et cerner l’affaiblissement de ces questions dans la superficialité du consumérisme (sans jugement moral) et dans la violence guerrière. En somme l’exténuation de la force vitale, pour reprendre une image de Nietzsche concernant l’oubli de la métaphore originaire que seul l’art, selon lui, peut impulser.

En guise de conclusion : De l’encre, du plomb et une amitié par-delà les lignes

Mon lien avec Chakè Matossian s’ancre dans un passé vieux de plus de trente ans, au cœur de la vieille imprimerie du journal Haratch, au 83 rue d’Hauteville, à Paris. J’y officiais alors comme imprimeur-typographe et aussi linotypiste. Par la nature même de cette dernière fonction, j’étais souvent confiné dans mon espace, reclus dans un coin et littéralement englouti par la masse imposante de la linotype.

Pourtant, à travers d’infimes interstices – de petits passages secrets se faufilant entre les tringles verticales qui reliaient le clavier au magasin de matrices –, je pouvais observer, à la dérobée, les visiteurs de la rédaction qui devaient obligatoirement traverser l’atelier. C’est ainsi que j’ai vu défiler tant de figures marquantes, devenant pour moi des présences familières, de manière tout à fait unilatérale. Chakè était de celles-là. Elle venait rendre visite à Madame Arpik Missakian, et surtout lui remettre en mains propres ses manuscrits, à une époque où la correspondance numérique n’avait pas encore imposé son règne. 

J’ai ainsi « composé » dans le plomb – l’équivalent, pour l’artisan d’alors, de la saisie d’aujourd’hui – de très nombreux articles de sa plume pour Midk yev Arvesd (« Pensée et Art »), nos suppléments mensuels dédiés à la littérature, à la pensée et à la culture. J’ai donc eu le privilège de fréquenter intimement ses mots, et de la « connaître », bien avant qu’elle ne me connaisse.

Puis vint le mois de mai 2009 et la douloureuse fermeture du journal. Une page historique se tournait. Mais à cette fin crépusculaire a succédé une aube nouvelle : la création de Nor Haratch, dans le sillage de son aîné. Fidèle collaboratrice de la première heure, Chakè n’a pas tardé à prêter de nouveau sa plume à Nor Haratch Hebdo, nous livrant ses précieuses recensions d’ouvrages de référence. Et c’est ainsi que l’histoire, d’une certaine manière, a bégayé avec grâce.

Pendant des années, j’ai mis en page les textes de Chakè, toujours sans que nos chemins ne se croisent véritablement. Hormis un prénom au bas d’un courriel, elle ignorait le visage de celui qui réceptionnait et agençait ses notes de lecture. Pourtant, au fil des envois, une véritable complicité, une amitié épistolaire propre à l’ère numérique, s’est naturellement tissée entre nous.

Il aura fallu attendre le mois de janvier dernier, lors d’un séjour à Lisbonne, pour que la rencontre ait enfin lieu « pour de bon ». Au risque d’appauvrir par les mots la richesse de mon émotion, je tenterai de décrire ce que j’ai ressenti ce jour-là. En la voyant, j’ai eu l’impression bouleversante de retrouver un être cher, quelqu’un qui portait avec lui tout un pan de notre tendre « passé commun ». Et il est essentiel de souligner que l’humilité lumineuse de Chakè, sa simplicité et sa nature si profondément attachante y ont été pour beaucoup. 

Entretien réalisé par H. G.

Ses principales publications

Outre de nombreux articles dans des revues spécialisées en sciences humaines (comme La Part de l’Œil, Traverses ou Furor), elle est l’auteure de plusieurs essais remarqués :

• [Sous sa direction] Médecine et arts visuels (1995) 

Espace public et représentations (Éditions La Part de l’Œil, 1996)

Fils d’Arachné : Les Tableaux de Michelet (Editions La Part de l’Œil 1998)

Saturne et le Sphinx : Proudhon, Courbet et l’art justicier (Éditions Droz, 2002)

Des Admirables Secrets de l’Ararat – Vinci, Dürer, Michel-Ange sur les traces d’Er et Noé (Éditions La Part de l’Œil, 2009)

« Et je ne portai plus d’autre habit » – Rousseau l’Arménien (Éditions Droz, 2014)

« Invisible mais présent en esprit » : le Séducteur de Kierkegaard(Éditions Ousia, 2021).

Pour la conférence sur Kierkegaard (2017) :

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/seminaire/envers-du-visible/invisible-mais-present-en-esprit-le-seducteur-de-kierkegaard

Pour la conférence sur Jurgis Baltrušaitis (2020): 

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/seminaire/maitres-oublies/jurgis-baltrusaitis