De l’« Arménie forte » et de la « paix honorable »

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Dépourvues de programmes, incapables d’indiquer au citoyen comment elles gouverneraient le pays en cas de victoire aux élections législatives du 7 juin prochain, les forces d’opposition « Arménie forte » de l’oligarque russo-arménien Samuel Karapetian et « Alliance Arménie » de R. Kotcharian et de la Fédération Révolutionnaire Arménienne – ne cessent de ressasser à l’envi, telles des formules magiques, les slogans « Arménie forte » et « paix honorable ». Comme il aime à le faire de temps à autres, Vahram Atanessian, analyse ces deux formules et interroge les forces qui les utilisent sur le sens qu’il faut leur donner. 

Arrêtez de nous resservir sans cesse ce vieux disque rayé selon lequel une  « Arménie forte », pourrait contraindre l’Azerbaïdjan à une « paix honorable ». 

Il fut un temps, en 1994, où se profilait un équilibre des forces entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Il était prévu qu’il se concrétise aux environs de 1997 ou 1998 par un règlement progressif du conflit du Haut-Karabakh. Ce règlement fut contrecarré par ceux même qui qualifient aujourd’hui cet accord préliminaire avec l’Azerbaïdjan de « capitulation » ou de « paix sans honneur». Qui plus est, cet équilibre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’est maintenu tant que la Turquie n’intervenait pas directement dans le conflit, ou en était empêchée par des forces plus influentes. Cet équilibre a été rompu au vu et au su de tous, notamment avec la participation directe de l’allié stratégique de l’Arménie, la Russie et aussi de la Turquie, il y a près de vingt ans, et il est désormais impossible de le rétablir. C’est un constat objectif, et fermer les yeux sur cette réalité et « tromper » une fois de plus le citoyen conduirait à soumettre l’Arménie à une épreuve plus difficile encore. 

L’Estonie qui est membre de l’OTAN, a des différends territoriaux avec la Russie. Mais même si elle se trouve « sous l’aile » de ce dernier, elle préfère ne pas s’en souvenir. 

Pourquoi cette comparaison ? Pour une raison très simple. 

Le premier destinataire du discours sur la « construction d’une paix durable » est la Turquie, ce pays qui menace d’occuper Jérusalem du jour au lendemain et nous rappelle sans cesse « comment il est entré au Karabakh et en Syrie ».

Est-ce suffisamment clair Messieurs, les anciens Présidents et généraux ? 

Lors de vos mandats, l’Azerbaïdjan a généré des casus belli à au moins trois reprises. 

Pourquoi n’avez-vous pas alors relevé le défi et forcé ce pays à capituler ?